130 jours. C’est le temps qu’aura tenu Elon Musk dans les rouages de l’administration Trump. Ce Mercredi 28 mai 2025, le patron de Tesla, SpaceX et X a mis fin à son aventure politique avec un goût amer et des objectifs loin d’être atteints.
« Je savais que ce serait difficile, mais pas à ce point ».
Ces mots signés Elon Musk, publiés sur X, le réseau social racheté par le milliardaire sud-africain résument l’échec d’un pari hors norme : celui de réformer l’État fédéral américain à coups de coupes budgétaires.
À la tête du DOGE – le Département pour l’Efficacité Gouvernementale –, l’entrepreneur avait promis de tailler dans les dépenses publiques comme on sabre une ligne de code.
Il repart avec un maigre 170 milliards de dollars d’économies… sur les 2 000 annoncés au départ.
Des économies, mais à quel prix ?
Dès sa nomination par Donald Trump, Elon Musk avait fixé la barre très haut : supprimer 2 000 milliards de dollars de dépenses en 130 jours.
Objectif irréaliste ? Il l’a ensuite abaissé à 1 000 milliards, mais même là, le compte n’y est pas.
Officiellement, seules 8,5 % des économies prévues ont été réalisées.
Pourtant, les mesures n’ont pas manqué : licenciements massifs, agences dissoutes, fonctionnaires poussés vers la sortie.
Plus de 280 000 agents fédéraux ont quitté ou s’apprêtent à quitter leur poste. Un plan de bataille brutal, qui a vite rencontré ses limites.
Certains licenciements ont même dû être annulés, notamment dans le secteur ultra-sensible du nucléaire.
En mars, un juge fédéral a ordonné la réintégration de milliers de fonctionnaires, qualifiant les coupes de « prétexte pour contourner la loi ».
Un terrain miné
À Washington, l’homme politique a vite compris que l’État fédéral ne se gère pas comme une start-up.
Bloqué sur plusieurs dossiers, notamment par Donald Trump lui-même – qui lui a interdit de toucher aux retraites et à la couverture santé des plus pauvres –, le milliardaire s’est heurté à une machine bien plus lourde que prévu.
Ses relations avec certains membres du gouvernement ont également viré à la confrontation.
Marco Rubbio, patron de la diplomatie, et Scott Bensent, ministre du Trésor, ont résisté aux coupes qu’il exigeait.
Et dans l’ombre, la justice a calmé ses ardeurs à coups de décisions de réintégration et de rappels au droit.
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Une goutte d’eau et une cyberattaque
Mais ce qui a précipité son départ, c’est la fameuse « grande et belle loi » budgétaire.
Adoubée par le locataire de la Maison-Blanche, cette réforme fiscale fait exploser le déficit fédéral.
Pour Elon Musk, c’est la trahison de trop.
« Ce projet de loi détruit tout ce qu’on a tenté de faire avec le DOGE », a-t-il dénoncé dans une interview à média international américain.
Selon lui, le texte pourrait creuser le déficit de 3 800 milliards de dollars sur dix ans. « Une loi peut être grande, ou belle, mais je ne sais pas si elle peut être les deux », a-t-il ironisé.
Et comme si ça ne suffisait pas, une panne géante sur X, son réseau social, est survenue le week-end dernier.
D’après lui, il s’agirait d’une cyberattaque revendiquée par le groupe DieNet.
Résultat : retour d’urgence à la gestion de ses entreprises, avec ce message publié dans la foulée : « De retour à dormir dans les usines et les salles serveurs ».
Et maintenant ?
Le DOGE continue, mais avec moins de bruit. Il sera recentré sur la dérégulation, jusqu’en 2026.
C’est Russell Vought, haut fonctionnaire, qui pourrait en prendre la tête. Il promet déjà de « pérenniser les coupes ».
Quant à Musk, l’expérience gouvernementale l’a laissé usé, amer, mais pas forcément vaincu.
« Je pensais pouvoir changer les choses, mais Washington est un labyrinthe kafkaïen », a-t-il confié.
Avant d’ajouter, en guise de bilan : « Le DOGE est en passe de devenir le bouc émissaire de tout ce qui ne va pas ».















