Santé

Un nouvel allèle HLA identifié : une découverte qui change la donne pour les greffes en Côte d’Ivoire

Mis à jour le 11 décembre 2025
Publié le 11/12/2025 à 10:48 , , , , , ,

La Côte d’Ivoire vient de franchir une étape scientifique décisive.Des chercheurs ivoiriens ont identifié un nouvel allèle du système HLA, un élément clé pour la réussite des greffes d’organes.

Cette avancée renforce la capacité du pays à réaliser, sur place, les analyses indispensables aux transplantations.

Cette découverte a été présentée le 9 décembre 2025.

Lors d’un atelier consacré à l’étude du polymorphisme HLA dans la population ivoirienne.

Elle s’inscrit dans un projet soutenu par le Fonds de soutien à la recherche et à l’innovation (FONSTI).

Une étude menée sur plus de 400 donneurs

L’équipe dirigée par le Pr Kouabla Liliane Siransy, sous-directrice du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), a analysé le profil génétique de plus de 400 donneurs de sang.

Cette démarche a permis d’identifier un allèle inédit, désormais officiellement enregistré auprès du Comité international de nomenclature des gènes HLA.

Le système HLA agit comme une véritable carte d’identité immunitaire.

Il conditionne la compatibilité entre donneur et receveur, un paramètre essentiel pour les greffes, notamment rénales, pratiquées en Côte d’Ivoire depuis 2012.

Des analyses enfin réalisables en Côte d’Ivoire

Jusqu’ici, les échantillons destinés au typage HLA devaient être envoyés à l’étranger.

Cette étape rallongeait les délais et affaiblissait parfois les chances de réussite des transplantations.

Avec cette avancée, les analyses peuvent désormais être réalisées localement et immédiatement.

Selon le Pr Siransy, il s’agit d’un tournant majeur pour la prise en charge des patients.

Des retombées au-delà des greffes

Cette cartographie génétique ouvre aussi la voie à une meilleure compréhension des prédispositions de la population ivoirienne. 

Notamment à certaines maladies, tels que les cancers et les pathologies auto-immunes.

Un projet qui pose les bases de stratégies de santé publique plus ciblées.

La chercheuse associée Dr Aké Armande insiste sur un point :« Ce projet prouve que la recherche ivoirienne produit des résultats » et appelle à un soutien renforcé pour maintenir cette dynamique.

Vers une plateforme nationale d’histocompatibilité

Pour le FONSTI, cette étude marque une étape fondatrice.

La représentante du secrétaire général, Pr Nandiolo Koné Rose, souligne que le projet a permis de maîtriser des techniques de séquençage avancées et de documenter la diversité génétique du pays.

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Elle y voit les premières pierres d’une future plateforme nationale d’histocompatibilité, indispensable à un programme de transplantation solide.

De nouvelles infrastructures en préparation

Le directeur général du CNTS, Pr Sékongo Mamadou, a annoncé la construction d’un bâtiment moderne comprenant des salles stériles dédiées aux greffes.

Le CNTS ne réalisera pas lui-même les transplantations, mais fournira les infrastructures nécessaires aux équipes médicales.

Il plaide également pour une approche pluridisciplinaire associant psychologues, sociologues et anthropologues, afin d’améliorer l’accompagnement global des patients.

Eirena Etté

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