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Un énième coup d’Etat au Mali

Mis à jour le 20 août 2020
Publié le 20/08/2020 à 8:09 , , , ,




Pour une énième fois, la République du Mali vient de connaître un coup d’Etat, pas le premier du genre dans ce pays devenu un abonné des intrusions militaires sur le champ politique.

Une junte militaire vient d’évincer du pouvoir d’Etat le président malien, Ibrahim Boubacar Kéita dit IBK. Le Mali vient ainsi de subir par la force, un changement de l’ordre constitutionnel. Depuis le mardi 18 août 2020, ce sont des militaires révoltés qui ont le contrôle du pays. Rien de nouveau en soi au pays de Soundiata Kéïta. Dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest, depuis l’indépendance, les militaires ont pris le plaisir d’investir le champ politique.

En 1968, soit moins de 10 ans après son accession à la souveraineté, le Mali a connu son premier  coup d’Etat. Modibo Keita, le premier président du pays est renversé par Moussa Traoré, à l’époque lieutenant de l’armée. Ce dernier assurera une stabilité au pays jusqu’en mars 1991. Date à laquelle, il est à son tour évincé du pouvoir par des militaires dont Amadou Toumani Touré un lieutenant-colonel des forces armées maliennes. Leader du Comité transitoire pour le salut du peuple, ATT comme on le surnomme va réussir à organiser une passation en douceur à un président civil élu, en la personne d’Alpha Oumar Konaré. Quand Konaré quitte le pouvoir en 2002, après deux mandats de 5 ans chacun, il est remplacé démocratiquement par un homme qu’on connaît déjà : ATT, qu’on surnomme aussi « le soldat de la démocratie », pour avoir chassé « le dictateur Moussa Traoré », sans conserver le pouvoir pour lui-même.

Mais, alors que le pays respirait cette nouvelle ère, le Mali retombe dans une spirale de putschs. Le 21 mars 2012, le capitaine Amadou Haya Sanogo renverse Amadou Toumani Touré. Mais cet ancien capitaine des bérets verts ne passera que quelques mois à Koulouba, le palais présidentiel du Mali. Une transition civile dirigée par le président Dioncounda Traoré lui succédera au pouvoir, avant l’organisation des élections qui permettent à Ibrahim Boubacar Kéita de devenir en 2013, président de la République. Lequel est réélu en 2018 dans un contexte de lutte contre le terrorisme et le djihadisme dans le Nord Mali, à partir de Kidal.

Ce mardi 18 août, IBK vient lui aussi d’être emporté par le tourbillon militaire malien non encore fatigué de sonner la charge contre les politiciens.

Richard Yasseu

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