Eco-business

UEMOA, un économiste fait des propositions sur l’intégration régionale  

Mis à jour le 6 juillet 2025
Publié le 06/07/2025 à 10:45 , ,

L’intégration des économies africaines dans l’espace UEMOA continue d’interroger les  chercheurs, les économistes et les institutions. C’est dans ce cadre que le Professeur Lambert N’galadjo Bamba, enseignant-chercheur ivoirien et ancien du CIRES, s’inscrit. Il a présenté les conclusions de ses recherches sur la question lors d’un panel à Abidjan.

 

« Les économies de l’UEMOA sont-elles intégrées ? Une approche par les Revenues », est le titre de l’ouvrage du professeur Lambert N’galadjo Bamba.

C’est cette production qui est d’ailleurs la source des conclusions de l’universitaire.  

L’auteur propose une lecture originale du processus d’intégration régionale au sein de l’UEMOA à travers une nouvelle méthode : la répartition personnelle des revenus.

« Il s’agit de présenter quelques résultats de recherche sur l’intégration régionale au sein de l’UEMOA.

J’ai utilisé une approche fondée sur la répartition des revenus pour évaluer le niveau réel d’intégration », a expliqué le Professeur Bamba.

Selon lui, l’espace UEMOA est monétairement intégré, grâce à la rigueur de la politique menée par la BCEAO, notamment en matière de lutte contre l’inflation.

En revanche, dit-il, l’intégration économique et sociale reste à géométrie variable.

Trois niveaux d’analyse

A ce niveau, il présente trois niveaux d’analyse. La première est l’intégration monétaire qui est réussie et stabilisée. 

La seconde est l’intégration économique. Selon lui, seuls la Côte d’Ivoire et le Sénégal apparaissent systématiquement intégrés.

En revanche révèle-t-il, le Bénin, le Mali ou le Togo ne le sont que ponctuellement selon les années.

Le troisième niveau d’analyse du professeur Bamba se situe au niveau de l’intégration sociale.

A l’en croire c’est seulement en Côte d’Ivoire et au Sénégal que l’on observe cela.

« En 2018 comme en 2021, hormis la Côte d’Ivoire et le Sénégal, les autres pays ne montrent pas des signes clairs d’intégration durable », a-t-il précisé.

Vers une nouvelle orientation des politiques économiques

Pour le professeur Bamba, l’avenir de l’intégration régionale réside dans des politiques structurelles fortes.

« Il faut aller au-delà de la coordination et de l’harmonisation.

Ce sont les politiques structurelles qui permettront à l’intégration économique de devenir effective, et à l’intégration sociale de se réaliser réellement », dit-il. 

« L’intégration est un enjeu important parce que, comme dit l’adage, seuls, on peut aller vite, mais ensemble, on va loin.

Donc, ensemble, les pays peuvent arriver à mutualiser les efforts et à faire converger leur processus de développement, ce qui permet aux pays d’avoir un marché commun qui est plus concurrentiel par rapport aux enjeux économiques et mondiaux.

Lorsque les pays sont intégrés, ça permet la libre circulation des facteurs, c’est-à-dire, le travail et le capital humain, ce qui permet également aux pays de se partager l’expertise et également de profiter de la zone économique et monétaire, donc d’un marché qui est plus élargi », a soutenu Dr Nibontenin Yéo, Economiste, expert en Gouvernance économique et financière.

« Les faiblesses, parfois, peuvent régir dans le niveau d’organisation institutionnelle où parfois, on n’a pas des éléments qui permettent d’encadrer, qui permettent d’accompagner ce processus d’intégration.

Donc, au niveau institutionnel, il faut vraiment un engagement fort de l’ensemble des États, une volonté d’aller à l’intégration.

Mais un manque de volonté peut constituer un frein. Il faut aussi noter le caractère multiculturel de ces différents espaces-là qui peuvent entraîner beaucoup d’enjeux, beaucoup de défis.

Il y a également, comme on peut le constater, la menace d’insécurité qui peut régner dans certains endroits de ces espaces-là et qui peut être un frein à l’intégration », a-t-il ajouté.

Professeur Lambert Bamba est depuis mai 2012, il est Conseiller Technique du Ministre des Finances et du Budget, ainsi que Directeur de l’Institut des Finances (IdF) de Côte d’Ivoire.

Tristan Sahi

7info.ci_logo

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter 7info

L’INFO, VU DE CÔTE D’IVOIRE