Au Sénégal, le divorce semble consommé entre le président Diomaye Faye et son désormais ex-Premier ministre Ousmane Sonko. Mais jusqu’où pourrait aller ce désormais duel entre les deux ?
Jusqu’où ira le duel entre Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et son chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye ?
Les relations entre les deux acteurs de la scène politique sénégalaise ont atteint un point de rupture qui semble irréversible.
En 2024, Ousmane Sonko avait désigné Diomaye Faye pour le remplacer à sa candidature invalidée à la présidentielle de mars 2024.
Mais une fois au pouvoir, des divergences entre ces deux compagnons de longue date sont apparues.
Le vendredi 22 mai 2026, Faye décide de limoger par décret présidentiel son Premier ministre.
Ce mardi 26 mai, Sonko est le nouveau président de l’Assemblée nationale. Il a remporté le vote avec 132 voix sur 133 exprimées.
Son élection à la tête du Parlement fait de lui le numéro 2 de l’État.
Selon le politologue Malao Kanté, cette situation “risque d’installer le pays dans une situation un peu compliquée et de bloquer le bon fonctionnement de l’Etat“.
Il soutient qu’un risque immédiat d’une motion de censure contre le gouvernement du nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, nommé le lundi 25 mai, n’est pas à exclure.
Pour l’éditorialiste ivoirien Ferro Bally, cette rupture entre ces deux ex-compagnons pourrait ouvrir la voie à un bras de fer institutionnel.
“La dislocation du tandem ouvrirait ainsi la voie à une terrible épreuve de force pour le contrôle des centres de gravité politique.
Au Sénégal, le régime est présidentiel mais est sous influence du régime parlementaire“, soutient-il.
Après son élection au perchoir, Ousmane Sonko a rassuré qu’il n’utiliserait pas “cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel, pour créer une crise institutionnelle ou des problèmes au président de la République ».
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« Aucun député avec moi n’utilisera cette institution pour une vendetta personnelle », insiste l’ex-Premier ministre.
Mais, ajoute-il, « l’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle usera de manière responsable de tous les leviers de contre-pouvoir.
Nous voterons les lois conformes à l’intérêt général et rejetterons celles qui ne le sont pas ».
Pour l’opposition et le groupe parlementaire Takulu Walu, l’élection de Ousmane Sonko est “une manœuvre de coup d’Etat constitutionnel“.
Faut-il craindre pour le Sénégal ?
“Certes, le Sénégal traverse un grand séisme politique ces dernières semaines. Mais pour le moment, il ne faut pas s’inquiéter pour ce pays.
La stabilité institutionnelle est préservée“, explique Léon Séka, doctorant en science politique à l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody.
Pour l’universitaire, la rupture Sonko-Faye ne saurait placer le pays devant des risques graves, “car le Sénégal reste un pilier de stabilité en Afrique de l’Ouest“.
Arnaud Houssou















