Le cancer reste l’une des principales causes de décès en Côte d’Ivoire. Pourtant, détectée à temps, la maladie peut être soignée. Selon le Dr Biley Augustin, membre du PnICa, les cinq cancers qui tuent le plus en Côte d’Ivoire sont : le cancer du sein, de la prostate, du col de l’utérus, du foie et le cancer colorectal. Une réalité confirmée par les données officielles disponibles.
C’est le message porté par le Programme national de lutte contre le cancer (PnICa). Une information donnée à l’occasion d’une conférence de sensibilisation organisée en partenariat avec les Laboratoires Roche, ce mardi à l’hôtel Onomo de Marcory.
Des chiffres qui parlent
En 2022, la Côte d’Ivoire a enregistré environ 21 352 nouveaux cas de cancer, avec 14 143 décès.
Ces chiffres proviennent du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), via sa base de données GLOBOCAN.
Ils traduisent une situation préoccupante, marquée par des diagnostics souvent tardifs et un accès encore limité aux soins spécialisés.
Chez les hommes, le cancer de la prostate arrive en tête des décès liés au cancer.
Le cancer du foie, généralement détecté à un stade avancé, suit de près.
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Le cancer colorectal est également en progression.
Chez les femmes, le cancer du sein reste le plus fréquent, suivi du cancer du col de l’utérus, qui continue de faire de nombreuses victimes.
Le cancer colorectal, cinquième en incidence
Intervenant lors de la rencontre, le Dr Sangaré Hassan, cancérologue, a donné un éclairage spécifique sur le cancer colorectal.
Dans le pays, ce cancer occupe la cinquième place en termes de nouveaux cas enregistrés.
En 2022, 1 057 personnes ont été diagnostiquées, hommes et femmes confondus.
Il a rappelé que ce type de cancer progresse souvent en silence.
Son développement est favorisé par la sédentarité, les mauvaises habitudes alimentaires et l’absence de dépistage régulier.
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Pour inverser la tendance, il recommande la pratique quotidienne d’une activité physique d’au moins 30 minutes.
Ainsi qu’une alimentation riche en fruits et légumes.
Et également, la limitation de la consommation de viande rouge, d’alcool, de tabac et de graisses animales.
Le cancer du col de l’utérus reste le plus fréquent chez les femmes
En 2022, 2 360 cas de cancer du col de l’utérus ont été enregistrés en Côte d’Ivoire, selon les données du PnICa.
Ce cancer reste le plus fréquent chez la femme, avec un taux de mortalité estimé à 62 %.
Pour y faire face, les autorités sanitaires ont renforcé les campagnes de dépistage.
Entre 2021 et 2023, plus de 40 000 femmes ont été dépistées à travers le pays.
L’introduction de l’auto-prélèvement dans certains centres de santé a favorisé cette dynamique.
En 2022, 51 % des femmes ont opté pour ce mode de dépistage.
Un taux passé à 90 % en 2023.
L’importance de la presse et des ONG dans la lutte
Les spécialistes considèrent l’engagement des journalistes et des organisations de la société civile comme essentiel, au-delà des efforts médicaux.
« Une information claire et continue permet d’encourager les populations à se faire dépister et à consulter dès les premiers signes », a insisté le Dr Sangaré Hassan.
Cette conférence visait justement à renforcer les capacités des journalistes et ONG dans la lutte contre le cancer colorectal, mais aussi à alerter sur l’ensemble des cancers qui causent le plus de décès dans le pays.
Agir dès maintenant
Le Dr Biley Augustin l’affirme clairement : plus un cancer est détecté tôt, plus les traitements sont légers et les chances de guérison élevées.
Mais pour y parvenir, les autorités doivent informer, sensibiliser la population et lui garantir un dépistage régulier et de qualité.
En somme, en Côte d’Ivoire, les cancers du sein, de la prostate, du col de l’utérus, du foie et colorectal figurent parmi les plus meurtriers.
Eirena Etté















