La Commission électorale (CEI), l’organe en charge des élections en Côte d’Ivoire, a rendu publique ce mercredi 04 juin 2025, à cinq mois de la présidentielle, la liste électorale définitive. Plusieurs leaders de l’opposition n’y figurent pas.
Les leaders de l’opposition exclus de la liste électorale
La présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire s’annonce marquée par l’exclusion de plusieurs grands leaders de l’opposition.
Comme cela avait été déjà le cas en mars dernier avec la liste électorale provisoire, les noms de l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo, président du PPA-CI, de l’ex-Premier ministre Guillaume Soro, leader de GPS, et de Charles Blé Goudé n’y figurent pas.
La justice a radié en avril le nom du président du PDCI, Tidjane Thiam, qui figurait sur la liste provisoire.
Ces quatre leaders ne devraient pas être candidats au scrutin présidentiel.
Motifs juridiques des radiations
La justice a radié Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé de la liste électorale parce qu’elle leur a retiré leurs droits civils et politiques à cause de leurs condamnations judiciaires.
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Condamnations judiciaires et contexte
Le 18 janvier 2018, alors qu’il était encore détenu à la Cour pénale internationale (CPI), la justice d’Abidjan a condamné par contumace l’ancien chef de l’État à 20 ans de prison pour son implication présumée dans le braquage du bureau abidjanais de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) en 2011, pendant la crise post-électorale.
En août 2022, le président de la République Alassane Ouattara lui avait certes accordé la grâce.
Mais seule une loi d’amnistie en sa faveur aurait pu effacer la peine et permettre de l’inscrire sur la liste électorale.
La Côte d’Ivoire a émis un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, en exil depuis 2019.
La justice ivoirienne l’a également condamné à deux reprises.
Une première condamnation à 20 ans pour « recel de détournement de deniers publics » et « blanchiment de capitaux ». Une seconde à perpétuité pour « atteinte à la sûreté de l’État ».
Le leader du COJEP, Charles Blé Goudé, a été condamné par contumace à 20 ans de prison en décembre 2019 pour des “actes de torture, homicides volontaires et viol’’.
Des faits qui remontent à 2010-2011, alors que la Côte d’Ivoire traversait une crise post-électorale qui a causé la mort de plus de 3 000 personnes.
Le cas spécifique de Tidjane Thiam
La justice a radié Tidjane Thiam, investi candidat du PDCI pour la présidentielle d’octobre, de la liste électorale définitive pour défaut de qualité.
La justice a estimé le 22 avril 2025 qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription sur la liste électorale.
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Quelles stratégies pour ces leaders exclus ?
Plusieurs options s’offrent aux partis politiques de ces leaders, déclarés inaptes à voter et à se porter candidat.
Les formations politiques pourraient devoir, en interne, trouver d’autres candidats de substitution.
Elles peuvent aussi mutualiser leurs forces en désignant un candidat unique éligible et issu des rangs de l’une d’entre elles.
À moins que le chef de l’Etat consente à accorder l’amnistie à Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé.
La CEI pourrait alors décider d’organiser une nouvelle révision de la liste électorale avant le scrutin.
Serge Alain Koffi















