Passeport de Laurent Gbagbo: Ce qui s’est réellement passé

Mis à jour le 10 août 2020
Publié le 10/08/2020 à 3:58 , , , ,
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Selon Financial Afrik qui est revenu sur les faits, voilà ce qu’il s’est réellement passé.
Le 28 juillet, deux personnes se présentent dans le bureau de l’agent consulaire de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles pour une demande de passeport ordinaire. Dès la vue des premières pièces du dossier, l’agent consulaire exige la présence physique du requérant. Les deux personnes en question sortent et reviennent avec le président Laurent Gbagbo en chair et en os. L’examen du dossier se poursuit quoique avec une anxiété visible chez l’agent consulaire qui ne s’attendait pas à se retrouver devant une telle personnalité.
Le consul est avisé immédiatement et le président Laurent Gbagbo et ses deux accompagnants (ils étaient en fait quatre, deux sont restés en bas à la salle de réception et se dévoileront par la suite) sont conduits à la salle VIP du deuxième étage.
L’ambassadeur Abou Dosso, mis au courant, câble le ministère des Affaires étrangères et vint au devant de son encombrant hôte avec les formules d’usage. « Monsieur le président, nous nous occupons de votre dossier! ». Seul hic, la plupart des pièces fournies n’étaient pas originales et quelques unes manquaient. « Certainement, je suis absent du pays depuis un certain temps », lâche le président Gbagbo après que le consul a notifié à l’avocat de l’ancien président, Me Habiba Touré, la liste des pièces manquantes.
 L’ambassadeur invite alors le président Gbagbo à venir avec lui dans la salle d’enrôlement située au rez de chaussée. Le diplomate laisse le petit ascenseur au président Gbagbo et à Me Habiba Touré et prend les escaliers.
Avant de prendre l’ascenseur, le président Gbagbo lâche: ”monsieur l’ambassadeur, j’ai besoin du passeport pas seulement pour aller en Côte d’Ivoire mais pour me permettre aussi de circuler ” A partir de ce moment, les complications techniques s’invitent dans le dossier. La photo fait des caprices et offre un rendu de 28% de l’un des visages les plus célèbres de la Côte d’Ivoire alors qu’il fallait un minimum de 80% de netteté pour que le système valide. Plusieurs tentatives plus tard, la bonne photo sera prise.
Reste à prendre les empreintes digitales de Laurent Gbagbo, ce qui devait relever d’une formalité. C’est tout le contraire. Seule l’empreinte du pouce gauche est acceptée. Les neuf autres doigts de l’ancien président ivoirien ne donnent pas de traces nettes. En pareil cas, le requérant est obligé d’aller faire un certificat médical pour valider son dossier. Après moult essais, le président se résoudra à cette question alors que son conseil, Me Habiba Touré, était plutôt d’avis qu’il faille encore retenter la procédure. Le président Gbagbo laisse deux personnes sur place et s’en va. En promettant de ramener le dossier le lendemain avec le certificat du médecin conformément à la procédure administrative.
C’est en ce moment que le consulat découvrira les deux autres accompagnants qui ne s’étaient pas manifestés et étaient restés dans la salle d’attente grand public. Invités à venir les rejoindre dans la salle VIP, ils déclineront. Agacée après cette anomalie technique, Me Habiba Touré demandera alors un laisser-passé finalement soumis à l’ambassadeur. Autre difficulté, l’on ne peut obtenir un laisser-passer alors qu’une demande passeport est en cours.
C’est le 3 juin que le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) a introduit une demande auprès du greffe de la Cour pénale internationale (CPI) afin de rentrer en Côte d’Ivoire. Le 10 juin, la juridiction internationale a remis la demande aux autorités ivoiriennes qui est restée sans suite.
Interrogé sur cette question, Sidi Touré, porte parole du gouvernement a assuré le 30 juillet dernier que le dossier « est en traitement ».
Sandra Kohet
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