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Notation de crédits souverains, Abidjan accueille un atelier régional pour renforcer les capacités des États ouest-africains

Mis à jour le 11 juin 2025
Publié le 11/06/2025 à 10:30 , , ,

La Côte d’Ivoire accueille, du 10 au 12 juin 2025, un atelier régional sur les notations de crédit souverain. Cet évènement réunit une vingtaine de pays africains à Abidjan. Pendant trois jours, des responsables venus de 16 pays de la CEDEAO échangent sur les méthodes d’évaluation des agences de notation internationale. Cela, avec l’appui d’experts. L’objectif ? Mieux comprendre les critères qui influencent la note des États. Et renforcer les capacités techniques pour améliorer l’accès au financement.

 

La rencontre à Abidjan, autour des notations de crédits souverains, vise à renforcer les capacités des gouvernements d’Afrique de l’Ouest pour mieux comprendre. Elle a aussi pour objectif de gérer et d’optimiser les relations de ces gouvernements avec les agences de notation.

Contexte : des enjeux croissants pour l’accès aux financements

Les notations de crédits souverains influencent, de plus en plus, l’accès des États aux financements internationaux. Pour les pays africains, souvent confrontés à des défis en matière de dette et de mobilisation de ressources, ces évaluations sont devenues un levier stratégique. D’ailleurs, la Côte d’Ivoire fait figure d’exemple dans la sous-région.

Le pays maintient une dynamique positive. Il enregistre une croissance de 6,1 % du PIB en 2024, saluée par les agences de notation internationales. Fitch Ratings a confirmé sa note BB-, avec perspective stable, en janvier 2025. S&P Global Ratings attribue une note BB. Et Moody’s a récemment rehaussé la note ivoirienne de Ba3 à Ba2.

Vers une meilleure compréhension des méthodologies de notation

La rencontre d’Abidjan intervient dans le cadre d’une initiative plus large lancée par le PNUD en 2024. Une phase pilote a été mise en œuvre en Éthiopie, au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Cette initiative a permis d’identifier plusieurs lacunes communes : la faible compréhension des critères des agences, le manque de coordination institutionnelle, et la difficulté à produire des données économiques fiables et pertinentes.

A LIRE AUSSIRisque pays, la Côte d’Ivoire reste la catégorie faible.

Face à ces défis, l’atelier propose un accompagnement technique sur mesure. Les participants – issus des ministères des Finances, banques centrales, instituts de statistique et agences d’investissement – bénéficieront de sessions interactives. Également d’analyses de cas concrets. Et de conseils pratiques dispensés par d’anciens experts des agences de notation, aujourd’hui partenaires du PNUD.

Renforcer la coordination régionale

L’un des objectifs clés de cette rencontre est de favoriser l’apprentissage entre pairs. Mais aussi la coopération régionale sur les stratégies de gestion des notations de crédits souverains. Environ 80 participants y prennent part, représentant 16 pays de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest). Notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana, le Nigeria, le Sénégal et bien sûr la Côte d’Ivoire.

Les pays de la phase pilote – Éthiopie, Tanzanie, Ouganda, Kenya – sont également présents. Ils partagent leurs bonnes pratiques et les leçons tirées de leurs expériences.

Vers une appropriation africaine des outils de notation

Par ailleurs, cette dynamique s’inscrit dans une ambition continentale. L’Union africaine travaille actuellement à la mise en place d’une Agence africaine de notation de crédit (AfCRA). Son but ? Renforcer la souveraineté africaine dans l’évaluation des risques.

De son côté, la Banque africaine de développement (BAD) milite pour intégrer le capital naturel dans le calcul du PIB. Une action destinée à mieux refléter la réalité économique du continent.

Tristan Sahi 

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