Transport

Livraisons à moto à Abidjan, la Poste veut prendre les choses en main

Mis à jour le 19 décembre 2025
Publié le 19/12/2025 à 1:30 , , , , , ,

La restriction est en place. Et elle progresse. Sur le boulevard Félix Houphouët-Boigny, 80 % des conducteurs de deux et trois roues respectent désormais l’interdiction de circuler. Mais pour les autorités, ce n’est pas suffisant. Voici ce que cela signifie pour la livraison à moto.

 

 Une mesure globalement respectée… mais encore contournée

Le constat est que malgré une centaine de panneaux installés, certains usagers continuent de braver l’interdiction. La livraison à moto y compris.

Résultat, le ministère des Transports prépare un renforcement des contrôles.

Le 18 décembre 2025, le directeur général des Transports terrestres et de la circulation, Oumar Sacko, l’a annoncé lors d’une rencontre avec les conducteurs concernés.

La police du District autonome d’Abidjan viendra appuyer les équipes déjà mobilisées sur ce tronçon stratégique.

Un axe à haut risque

Pourquoi cette fermeté ? Les chiffres parlent.

Sur environ 7 kilomètres, plus de 500 accidents ont été enregistrés en deux ans. Le bilan humain est lourd : plus de 25 morts.

« On ne peut pas laisser des candidats au suicide faire porter leur mort sur la conscience des autres », a averti Oumar Sacko.

Pour les autorités, l’enjeu est simple : sauver des vies.

Vers une extension des restrictions à Abidjan

Cependant, le boulevard Houphouët-Boigny n’est qu’un début.

À terme, la restriction des deux et trois roues s’étendra à l’ensemble de la ville d’Abidjan.

Ce déploiement se fera en coordination avec Ageroute. Objectif : adapter les règles aux réalités du terrain, en tenant compte des types d’engins et des axes routiers.

Des pistes cyclables en projet

En parallèle, l’État planche sur une solution durable.Des routes cyclables sont à l’étude pour garantir des déplacements plus fluides et surtout plus sécurisés.

La politique prendra en compte une typologie précise des engins.

Une manière de mieux organiser la circulation et de réduire les conflits entre usagers.

Motos, trottinettes : le cadre se resserre

Autre signal fort : la répression s’intensifie.Selon Oumar Sacko, 800 motos sont actuellement en fourrière.

Et ce n’est pas tout.

Face à leur multiplication, l’usage des trottinettes fera aussi l’objet d’un encadrement spécifique dans les mois à venir.

Les livreurs dans le viseur

Un chiffre interpelle particulièrement.

Selon les données du ministère, les livreurs à motos seraient responsables de 80 à 90 % des actes d’incivisme routier.

A LIRE AUSSI : Abidjan, le district autonome suspend sa mesure, motos et tricycles autorisés à circuler.

Un constat qui pousse les autorités à revoir l’organisation du secteur.

La Poste veut professionnaliser la livraison

Présent à la rencontre, le directeur général de Poste de Côte d’Ivoire, Isaac Gnamba Yao, a dévoilé une feuille de route.

Dès le premier trimestre 2026, tous les acteurs de la livraison — entreprises comme employés — devront être enregistrés.

L’ambition est de structurer un secteur encore largement informel, dont moins de 5 % du potentiel serait exploité.

Formaliser sans étouffer

Le message se veut rassurant. L’État ne cherche pas à remplacer les acteurs privés.

Au contraire. Selon Isaac Gnamba Yao, la formalisation doit générer plus d’opportunités : accès au financement, protection sociale, meilleures données pour piloter le secteur.

Et, à la clé, plus de revenus pour les professionnels.

Eirena Etté

 

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