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Labellisation de l’attiéké- le ministre Diarrassouba conteste, les Burkinabè le mettent au défi

Mis à jour le 26 novembre 2019
Publié le 26/11/2019 à 4:28 , ,




C’est l’affaire qui a alimenté les échanges sur les réseaux sociaux en fin de semaine dernière. L’attiéké, création culinaire de Côte d’Ivoire fait à base de manioc, a été labellisé par le Burkina Faso. Si le ministère ivoirien du Commerce et de l’Industrie dénonce cette information et indique que le pays des hommes intègres ne dispose pas de documents attestant cette labellisation, les autorités burkinabè ne lâchent pas l’affaire.

Le Burkina Faso dément ne pas détenir les documents de la labellisation de l’attiéké. Selon le confrère ‘’AfrikSoir’’, les autorités de ce pays font une mise au point sur le sujet dans un communiqué. « La structure dont Madame Bassono a la charge a procédé au dépôt d’une demande d’enregistrement de «FASO ATTIEKE » comme nom commercial, le 10 juillet 2011 sous le N°5201208261, au compte du Groupement de Transformation des Produits Agricoles « GTPA WENKUNUNI». FASO ATTIEKE a donc fait l’objet d’enregistrement sous forme de nom commercial sous le N°91081 par Arrêté d’enregistrement N°12/08984 du 21 décembre 2012 et publié dans le Bulletin Officiel de la Propriété Intellectuelle (BOPI) N°4 NC/2012 de l’OAPI », fait savoir Harouna Kaboré le ministre du Commerce de l’Industrie et de l’Artisanat du Burkina Faso, tel que relaté par le confrère.

Le vendredi 22 novembre 2019, Florence Bassono-Kaboré et sa société burkinabè dénommée « Faso Attiéké », qui participent à la cinquième édition du Salon à Abidjan de la Cinquième Edition du Salon de l’Agriculture et des Ressources Animales (SARA), a reçu le prix Castel, d’une valeur de dix (10) millions FCFA. Cette distinction a suscité de vives réactions sur la toile de la part des internautes ivoiriens. Ces derniers estimaient que leur pays se fait ainsi délester de leur met l’attiéké qui est une spécialité locale. Le ministre du Commerce et de l’Industrie interpellé n’a pas tardé à réagir.

Souleymane Diarrassouba a indiqué que l’appellation ‘’attiéké’’ a déjà été déposée à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). « L’appellation ‘’Attiéké’’ a fait l’objet d’un dépôt auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) sous la forme d’une indication géographique protégée. La reconnaissance de cette IGP a eu lieu le samedi 23 novembre 2019 en marge de la 5ème édition du SARA en ma présence, celle du DG de l’OAPI et celle du représentant de l’Agence française du développement (AFD) », soutient-il.

Pour le ministre ivoirien, « cette appellation ne peut être associée à un autre pays au risque de créer une confusion dommageable pour la Côte d’Ivoire ». et d’ajouter que « les autorités du Burkina Faso ont été saisies et on démenti toute labellisation de ce produit », non sans révéler qu’une vive protestation a eu lieu « contre l’utilisation de ce nom lors d’une cérémonie récompense sans l’autorisation préalable des autorités ivoiriennes et de l’OAPI ».

Pour le Burkina Faso il ne s’agit pas d’une intention d’usurper l’appellation ‘’Attiéké’’ en vue d’une concurrence déloyale. « Loin d’une usurpation ou intention malsaine, le GTPA WENKUNUNI dans le cadre de la mise en œuvre de son projet a jugé nécessaire d’une part de se distinguer de la concurrence par la création de FASO ATTIEKE comme nom commercial et d’autre part pour se prémunir de la concurrence déloyale et sécuriser ses investissements à travers la protection dudit nom commercial auprès de l’OAPI », dit Harouna Kaboré dans l’article.

Le ministère burkinabè, ajoute en outre le communiqué, indique n’avoir pas labéliser l’Attiéké. « Le MCIA tient cependant à préciser que l’attiéké n’a pas fait l’objet de labellisation par le Burkina Faso. Le fait qu’une entreprise de droit privé Burkinabè protège le nom commercial ( Faso Attiéké) de son produit, n’équivaut pas à une labellisation de Attiéké ni par elle ni par le pays d’origine de son entreprise », précise le Burkina Faso. Cependant, le ministre du pays des hommes intègres fait savoir que dans le cadre de la promotion et de la valorisation des produits made in Burkina Faso, « un projet pilote de labellisation de quatre (04) produits nationaux (pagne tissé Faso Dan Fani, Chapeau de Saponé, Beurre de Karité et les produits de cuirs et peaux de Kaya) a été initié en 2018 et est en cours de réalisation ».

Selon l’article du confrère qui cite le communiqué, le Burkina Faso a une initiative dénommée « 100 produits certifiés » qui a pour objet d’offrir des produits de qualité et rassurer les consommateurs.

Assurément que cette affaire de labellisation de l’Attiéké permettra de protéger d’autres produits made in Côte d’Ivoire. Pour éviter d’autres polémiques.

Richard Yasseu

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