Interview/Adiko Johnson : « Les Ivoiriens sont indifférents à l’appel de l’opposition’’  

Mis à jour le 10 août 2020
Publié le 10/08/2020 à 3:29 , , ,
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Adiko Johnson, président de la Coalition de patriotes pour l’émergence (CPE) s’insurge contre les leaders de l’opposition qui appellent la population d’user de tous les moyens pour s’opposer à la candidature du président Alassane Ouattara au scrutin présidentiel d’octobre 2020.

 Lors de son discours à la nation le 6 août dernier, le chef de l’Etat Alassane Ouattara a annoncé qu’il sera candidat au scrutin présidentiel d’octobre prochain. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Sachez que nous avons simplement pris acte de la décision du président Ouattara de se présenter à la présidentielle à venir. Nous ne sommes pas les instances officielles qui pourront juger de cette candidature. Seulement nous prenons acte. En toute sincérité on aurait voulu le rajeunissement de la classe politique ivoirienne mais, comme le président Ouattara l’a dit : « L’homme propose Dieu dispose ». Il a ses raisons et nous attendons de voir ce que ça va donner.

Au lendemain de l’annonce de sa candidature, plusieurs manifestations ont été signalées dans diverses localités de la Côte d’Ivoire. Faut-il craindre des jours difficiles pour la Côte d’Ivoire ?  

Nous nous disons qu’être mécontent c’est bien mais, chercher à détruire, à brûler n’est pas une bonne chose, surtout pour un pays comme la Côte d’Ivoire qui sort de crise. Nous sommes dans un pays qui est régi par des lois et quand on n’est pas content, il faut saisir les organes officiels et non envoyer des gens dans les rues pour brûler et chasser.

Etes-vous en train d’insinuer que les jeunes qui manifestent sont instrumentalisés ?

Effectivement. Ils sont instrumentalisés par l’opposition ivoirienne qui n’a rien d’autre à proposer. Elle est en panne de stratégie raison pour laquelle, elle a opté pour l’instrumentalisation d’une partie de la jeunesse. Et ce comportement, ne peut plus marcher. La preuve ces mouvements de rues au bout de deux heures de temps sont essoufflés. Je ne crois pas que ce genre d’agissement pourrait perdurer puisque la population dans son ensemble a compris que les enjeux ne se trouvent pas dans les rues. Ce n’est pas un comportement à encourager car nous devons préserver nos acquis démocratiques. Si on n’est pas d’accord avec la candidature du président Ouattara, il faut simplement le sanctionner dans les urnes le 31 octobre.

En tant qu’opposant vous affirmez que l’opposition n’a pas la majorité avec elle ?

 Je voudrais dire à l’opposition, nous sommes en train de payer le prix fort de notre mépris vis-à-vis des problèmes des populations. En 1990, Laurent Gbagbo a eu de l’audience auprès des ivoiriens parce qu’il portait les revendications sociales du peuple. Aujourd’hui qu’est-ce que nous constatons, l’opposition a abandonné cette population face à ses problèmes. On n’a jamais vu l’opposition porter ces préoccupations pour que des solutions soient trouvées. Elle s’est montrée indifférente face aux problèmes des Ivoiriens, raison pour laquelle la majorité des Ivoiriens se montre indifférente aux problèmes politiques de cette opposition. Elle est indifférente à ses appels, c’est ce qui explique le manque d’engouement pendant les manifestations en cours depuis de 7 août.

 Quelle la solution pour aller à des élections apaisées ?

Je pense qu’il faut faire confiance aux organes qui organisent les élections, parce qu’on ne pas tailler ses organes à la dimension d’un parti politique. Il faut leur faire confiance et se conformer aux différentes règles établies. En 2020, nous aurions voulu que les trois grands de la politique ivoirienne que sont: Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié ne soient pas candidats. Malheureusement, on a l’impression qu’ils sont en train de s’imposer aux ivoiriens. Nous allons observer de plus et voir ce que nous pouvons faire.

Vous qui êtes un ancien responsable des jeunes patriotes ivoiriens, allez-vous soutenir la candidature de l’ancien président Laurent Gbagbo ?

 L’amour que j’ai pour le Président Laurent Gbagbo est un amour vrai, mais les enjeux de l’avenir de la Côte d’Ivoire ne se limitent pas à mon amour pour cet homme. Il faut faire un choix dans la vie. Aujourd’hui qui peut prendre en compte les difficultés du quotidien des populations. Nous observons et attendons les différentes offres politiques qui nous seront proposées par les différents candidats. Et notre choix se fera en fonction de ces offres politiques. C’est vrai nous aimons Laurent Gbagbo mais, qu’est-ce qu’il a à apporter aujourd’hui aux populations ivoiriennes?

Arnaud Houssou

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