COVID-19

Indisponibilité de masques, le lycée moderne 2 de Man prend ses responsabilités

Mis à jour le 30 mai 2020
Publié le 29/05/2020 à 3:54 , , , ,

Les cours ont repris depuis le 18 mai dernier à l’intérieur du pays dans les établissements primaires et secondaires. Si dans de nombreux établissements, les premiers responsables attendent les masques et autres kits de lutte contre la Covid-19 promis l’État ivoirien, certains chefs d’établissement font appel à leur génie créateur pour protéger leurs apprenants et le personnel d’encadrement. Coulibaly Salif, proviseur du lycée moderne 2 de Man en fait partie. Après la distribution gratuite de 1600 masques à tous les élèves et le personnel grâce à un financement interne, la pose de 35 dispositifs de lavage des mains devant toutes les salles de classe, les bureaux des éducateurs et l’administration, Coulibaly Salif a remis ce jeudi 28 mai une enveloppe de 250 000 francs à tout le personnel en guise de prime de motivation. 7info a rencontré le chef d’établissement et certains collaborateurs.

<<A notre niveau, sans risque de se tromper, tout se passe bien contrairement à certains établissements. Avant la reprise nous avions tenu plusieurs réunions. Nous avons commencé la sensibilisation avec le personnel et tout va bien. En ce qui concerne le matériel, toutes les dispositions sont prises pour respecter les mesures barrières. De sorte que nous avons mis des dispositifs devant toutes les salles de classe, les bureaux des éducateurs et l’administration. Nous avons procédé à la distribution de 1600 cache-nez>>, indique le président des chefs d’établissements du Tonkpi.

Pour lui, chacun doit jouer sa partition afin de juguler ce mal. <<Nous ne disons pas que nous n’avons pas besoin de l’aide de l’État. Nous disons qu’en attendant que l’aide de l’État vienne qu’est-ce que moi, chef d’établissement, je fais. Quelles sont les initiatives pour anticiper le phénomène qui est là. Voilà la question que chacun doit se poser. L’État, c’est moi, c’est toi et c’est tout le monde. Quand on vous confie une responsabilité, c’est à vous de montrer que vous méritez cette confiance. Et c’est dans ce cadre que nous agissons>>, explique Coulibaly Salif.

 A l’en croire, c’est avec l’appui du Coges que toutes ces actions sont menées. <<Nous travaillons en bonne intelligence avec le Coges. Pendant qu’ailleurs, les chefs d’établissements et leurs Coges sont à couteaux tirés, chez nous, c’est la parfaite entente. Un travail en synergie. La crise que nous traversons a un impact sur tout le monde. En tant qu’encadreur et responsable des ressources humaines, lorsque vous constatez que le moral de vos collaborateurs n’est pas au beau fixe, il vous appartient de trouver des sources de motivation. Après les 35 dispositifs de lavage de mains et les 1600 cache-nez, nous avons décaissé 250 000 francs CFA pour remettre au personnel qui a apprécié énormément. C’est dans le cadre de la bonne gouvernance car on ne peut pas tout attendre de l’État>>, fait-il savoir.

Des gestes salués par les enseignants et les élèves. <<Quand nous reprenions, les soucis premiers étaient le respect des mesures barrières. Comment avoir les dispositifs de lavage de mains, les cache-nez et autres. Mais, à notre grande surprise, le proviseur et le Coges se sont attelés à mettre en place des dispositifs et nous partager des masques. Ce pour nous protéger, élèves et enseignants. Nous ne pouvons que dire merci au proviseur>>, reconnaît Nikpi Hippolyte, professeur de philosophie. Aya Irène, élève en classe de Terminale, se réjouit du geste du proviseur.

<< Au retour des congés imposés par la maladie à Coronavirus, nous avons constaté que tout a changé. Nous sommes assis un par un par table-banc. Nos amis des autres lycée de la ville, nous ont parlé de la difficulté qu’ils ont à avoir un masque pour se protéger. Mais ici, dès le premier jour, sachant bien que la maladie existe, le proviseur nous a partagé gratuitement des masques. C’est une première et nous en sommes reconnaissants. Nous venons chaque jour avec la même hargne qu’au début pour avoir notre examen>>, témoigne Irène Aya.

Le lycée moderne 2 de Man se distingue ainsi des autres établissements qui par peur de se mettre à dos les élèves en leur exigeant les masques, favorisent un laisser-aller potentiellement préjudiciable.

(Photo d’archives)

Olivier Dan Correspondant Ouest

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