La mobilisation étudiante prend de l’ampleur au Sénégal. Ce mercredi 25 février 2026, les campus de Thiès et de Saint-Louis ont tourné au ralenti après le lancement d’un mot d’ordre de grève de 48 heures.
À l’origine de la grève étudiante et de cette suspension des cours : des retards et désaccords liés au versement des allocations d’études.
Les organisations étudiantes locales dénoncent une situation devenue, selon elles, intenable pour de nombreux bénéficiaires.
Des revendications élargies
À Thiès, les responsables d’amicales annoncent également une journée dite « sans ticket ».
Des heures destinées à perturber le fonctionnement habituel des services universitaires.
Ils demandent, entre autres, la préservation des mécanismes actuels d’attribution des bourses ainsi que la reconnaissance pleine de leurs structures représentatives.
Du côté de Saint-Louis, les étudiants assurent que leur mouvement n’a pas vocation à s’inscrire dans la durée.
Les apprenants appellent toutefois à une révision du cadre réglementaire encadrant les aides sociales.
Estimant qu’il doit être discuté directement avec les principaux concernés.
Un contexte marqué par de fortes tensions
Cette montée de la contestation intervient quelques semaines après le décès d’un étudiant à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD), lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.
La grève étudiante a profondément marqué la communauté universitaire et ravivé les critiques sur la gestion des crises estudiantines.
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À Dakar, le climat reste sensible.
Un point de presse est annoncé pour le 2 mars afin de contester certaines décisions liées à la réouverture partielle du campus social, notamment la fermeture maintenue de plusieurs pavillons.
La position des autorités
Intervenant devant les députés, le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, a assuré que l’État n’accuse aucun retard de paiement.
Il a expliqué que des décalages dans le calendrier académique ont conduit à verser davantage de mensualités que prévu.
Un événement entraînant un surcoût budgétaire important.
Les autorités annoncent par ailleurs une réforme applicable en 2026.
Celle-ci vise à harmoniser strictement la durée des paiements avec l’année universitaire, fixée à douze mois, afin de mieux maîtriser les finances publiques.
En attendant, la situation demeure tendue dans plusieurs établissements, où étudiants et pouvoirs publics campent sur des positions divergentes.
Eirena Etté















