Entretien

Gervais Tchéidé, député PPA-CI: « Nous pourrions nous allier au parti de Simone Gbagbo ou à d’autres partis politiques »

Mis à jour le 14 novembre 2022
Publié le 18/10/2022 à 3:00 , , , , ,

Quelle orientation pour le PPA-CI après déjà un an d’existence et est-ce que cette formation entend-elle aller à la conquête du pouvoir seule ? Selon le député Gervais Tchéidé, élu de ce parti politique, rien n’est à exclure en termes d’alliance. Entretien.

Après un an d’existence, quel est le bilan du PPA-CI, votre parti politique ?

Globalement, nous pouvons dire que nous sommes satisfaits de l’état d’avancement de l’implantation de notre parti. Il faut savoir que le PPA-CI est une émanation de notre ancien parti, le FPI (Front populaire ivoirien), dont on a gardé le contenu et dont on a changé le nom avec l’entrée de nouveaux adhérents. Nous avons décidé d’ériger la pyramide par la base. Nous avons décidé de mettre en place d’abord les cellules de base que nous appelons des comités de base qui comprennent au maximum 20 militants.

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Et à partir de là, nous allons monter aux sections, qui sont constituées chacune, de huit comités de base. Après quoi, nous allons monter aux fédérations qui elles sont constituées de huit sections.

Quel est le point de toutes ces sous-structures ?    

Nous avons commencé par le quadrillage du territoire national en comité de base. C’est désormais chose faite. Selon le bilan établi le 17 octobre 2022 par le président exécutif, le professeur Hubert Oulaye et le secrétaire général, Damana Pickass, nous avons déjà 24 500 comités de base répartis dans 31 régions de la Côte d’Ivoire.

Combien de militants le PPA-CI compte-t-il après un an d’existence ?

Il y a deux choses. On a fait un congrès constitutif au cours duquel il y a eu près de 200 000 personnes qui avaient pris des cartes de pionniers de ce parti. Mais lorsque la machine s’est mise en route, les militants qui ont adhéré au PPA-CI et qui ont effectivement pris leur carte sont un peu plus de 131 000 personnes. Toujours selon le point fait par le secrétaire général.

 Au cours de votre rencontre de célébration de l’an Un de votre parti, votre secrétaire général a indiqué que le président Laurent Gbagbo serait votre candidat pour la présidentielle 2025. Ce choix n’est-il pas risqué vu qu’il a été condamné par la justice ivoirienne ?

Moi, je ne vois pas le dossier judiciaire qu’il y a sur le président Laurent Gbagbo. En dehors d’une manœuvre politique pour écarter un candidat, un concurrent, je ne vois pas de dossier judiciaire sur lui. Comme nous le comprenons de cette façon, à savoir qu’il s’agit d’une manœuvre politique pour écarter un concurrent, nous allons donner les moyens politiques et démocratiques pour faire en sorte que le moment venu, ce que nous voulons soit ce qui doit être fait. En politique, il y a un rapport de force qui dicte la conduite à tenir.

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La politique étant la saine appréciation de la réalité, le moment venu on avisera. Pour l’heure, nous disons clairement et sans équivoque que notre candidat naturel est le président Laurent Gbagbo.

Le concerné lui-même ne donne pas jusque-là une position claire sur la question. Le PPA-CI a-t-il un autre candidat au cas où, et c’est qui ce candidat ?

Pour le moment nous sommes dans la phase d’implantation de notre parti politique. Une fois cette phase terminée, le défi suivant est la participation aux élections locales prévues en 2023. Lesquelles élections sont précédées par l’entrée du PPA-CI à la CEI, la Commission électorale indépendante. Ce qui nous permettra de participer activement à l’opération de révision de la liste électorale, et d’être plus aptes à participer aux élections locales. Une chose à la fois donc. Nous sommes en 2022. Nous avons certes envoyé un message à ceux qui sont en train de spéculer sur le choix du PPA-Ci pour la présidentielle, mais c’est pour répondre aux spéculateurs. Mais, pour l’heure nous sommes en train de nous préparer pour les élections locales.

Tisser des alliances avec Mouvement générations capables (MGC), la formation politique de votre ancienne camarade Simone Gbagbo, le FPI et le RHDP est-il envisageable ?  

En politique tout comme l’histoire avec la fontaine, on ne dit pas que je ne boirai jamais de ton eau. En politique, toutes les alliances et électoralistes sont possibles. Évidemment, il faut aller au compromis sans aller à la compromission. On ne va pas vendre notre âme dans des alliances qui vont détruire une image de notre passé historique et de notre avenir.

Des partis politiques sont-ils visés ?

Ce que je veux dire c’est que nous sommes disposés à faire chemin avec ceux qui regardent dans la même direction que nous. Il n’y a aucun souci à cela. Si nous sommes aujourd’hui en alliance avec le PDCI pour aller à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, il n’y a aucune raison que nous ne soyons pas en alliance avec un autre parti tel que le MGC ou d’autres formations. Mais, je le répète, les alliances s’analysent et se nouent par rapport à des objectifs. Pour nous et pour le président Laurent Gbagbo, tout ce qu’il faut faire doit d’abord servir à la Côte d’Ivoire. Si nous posons un acte politique, c’est après avoir examiné les retombées pour la Côte d’Ivoire et pour la cohésion sociale et pour l’avancement de la démocratie. Si une alliance nous amène dans cette direction, on va la nouer.

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Dans la question des 46 militaires abordée lors de votre rassemblement hier par le président Laurent Gbagbo, le PPA-CI ne semble pas convaincu par les arguments que donnent les autorités ivoiriennes. Y a-t-il une raison ?

Le PPA-CI n’a pas donné d’avis sur cette affaire. Comme tout ivoirien, le PPA-CI se pose des questions. Qu’est-ce qui se passe réellement ? Pourquoi nos compatriotes à savoir ces 46 militaires sont accusés et traités de mercenaires ? Quelles preuves ceux qui les accusent avancent, et en retour que disent ou que font nos dirigeants pour convaincre l’opinion nationale pour démontrer que les accusations portées contre notre pays sont sans fondements. Ce sont ces questions que se posent les Ivoiriens. C’est aussi ce que le PPA-CI reprend à son compte. Le PPA-CI n’a donc pas examiné la question parce qu’on n’a pas les éléments pour apprécier objectivement. Cependant, nous nous posons des questions. Si on a des réponses, on pourra alors de façon utile apporter notre contribution à la résolution de cette crise.

Réalisé au téléphone par Richard Yasseu

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