Le Front Commun officiellement scellé entre le PPA-CI et le PDCI-RDA se veut bien plus qu’une coalition électorale. C’est une offre politique pour refonder la République, restaurer la démocratie selon ses initiateurs. Pour le Professeur Sébastien Dano Djédjé, Président Exécutif du PPA-CI, « ce que nous faisons aujourd’hui, en unissant les forces du PPA-CI et du PDCI-RDA, n’est pas une alliance de circonstance. C’est un acte de maturité politique ».

Réformer le cadre électoral, priorité du Front Commun
Au cœur du projet porté par les deux partis figure une exigence prioritaire : réformer le cadre électoral pour garantir la transparence et la crédibilité des prochaines échéances.
« Nous refusons que la prochaine élection soit organisée sous les mêmes conditions opaques et déséquilibrées qui ont semé, hier encore, les germes de l’instabilité », fait savoir Dano Djédjé.
Concrètement, le Front Commun réclame un audit indépendant de la liste électorale, ainsi que la réintégration des candidats arbitrairement exclus.
L’alliance réclame aussi la recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI), afin de la rendre véritablement impartiale.
Pour Dano Djédjé, cette exigence traduit « la volonté de remettre la République au centre du jeu politique.
Elle vise aussi à faire en sorte que l’élection présidentielle de 2025 ne soit pas une nouvelle source de crise, mais une étape de consolidation démocratique. »
Un projet d’inclusion sociale et territoriale
Au-delà des enjeux électoraux, le Front Commun veut corriger les inégalités sociales et territoriales, en s’adressant aux jeunes, aux femmes, aux paysans, et aux populations des zones reculées.
« Aux territoires éloignés, aux villages oubliés, aux quartiers populaires négligés, nous disons : vous n’êtes plus seuls, » a déclaré le Président Exécutif du PPA-CI.
Et d’ajouter : « Il ne peut y avoir de paix durable sans justice territoriale. Il ne peut y avoir de République si elle ne parle qu’à Abidjan. »
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Cette vision s’accompagne de la création d’un Comité politique conjoint. Il est chargé de coordonner les stratégies, la communication et les actions communes sur le terrain.
Un front de responsabilité, pas de confrontation
Le Front Commun PPA-CI – PDCI-RDA s’inscrit dans une démarche de paix, mais avec une vigilance sans compromis.
« Nous tendons donc la main au pouvoir en place, non pas pour quémander des faveurs, mais pour ouvrir un dialogue sincère, loyal, franc, autour des questions qui engagent la vie de millions d’Ivoiriens », a proposé Dano Djédjé.
Mais il prévient : « Notre volonté de paix n’est pas une faiblesse. Ce Front n’est pas né pour faire de la figuration. Il est né pour peser. Il est né pour agir. »
« Si les dérives politiques persistent, notamment les exclusions et la manipulation des institutions, le Front Commun se dit prêt à mobiliser le peuple, dans le respect des lois, mais avec une détermination sans faille « , fait savoir Danon Djédjé.
Pour lui, la création de ce Front est un acte historique.
« Ce que nous signons aujourd’hui, ce ne sont pas que des actes politiques ou des accords de sommets.
Ce sont des serments. Des serments d’honneur et de fidélité à la Côte d’Ivoire », dit-il.
Le Front Commun, dans cette dynamique, lance un appel à toutes les forces politiques, sociales et citoyennes du pays pour bâtir ensemble « une Nation digne, inclusive, équitable. »
« Le moment est venu. L’Histoire nous regarde. Et le peuple nous attend », a conclu Dano Djédjé.
Tristan Sahi















