La cérémonie officielle de la fête d’indépendance 2025 aura lieu à Bouaké. Mais la capitale de la région de Gbêkê n’est pas la seule ville de l’intérieur du pays à avoir accueilli cette cérémonie dans l’histoire du pays. Plusieurs autres villes de la Côte d’Ivoire ont déjà été hôtes des festivités officielles. Retour sur les localités du pays qui ont déjà reçu les cérémonies officielles.
Parmi les villes du pays qui ont accueilli la cérémonie officielle de la fête d’indépendance, Abidjan est en tête.
Cette avance sur les autres villes du pays tire sa source d’une décision de feu le président Félix Houphouët-Boigny.
Elle date du 28 juillet 1964. En cette même année, Bouaké recevait la fête d’indépendance.
Selon ‘’La Note diplomatique’’, un bulletin d’informations qui existait au ministère des Affaires étrangères, le président ivoirien choisissait à cette date de célébrer la fête nationale à Abidjan une fois tous les cinq ans.
« Ce sera l’époque des « fêtes tournantes », un néologisme pour marquer la décentralisation de ces célébrations d’Abidjan, et leur organisation dans les métropoles de l’intérieur du pays.
Une délocalisation qui signifiait dans l’entendement du président Houphouët, opportunité d’apporter le développement dans ces villes par la construction d’infrastructures adéquates », fait savoir le document.
Dans la pratique, cette politique du premier président ivoirien donnait un caractère carnavalesque à la fête nationale. Elle donnait aussi et en même temps une fière allure à la ville hôte, désormais, dotée d’infrastructures modernes.
Depuis 1964, douze villes de l’intérieur ont accueilli cette fête. Bouaké est la première où est célébrée en 1964 l’indépendance dans le format tournant.
L’année suivante est celle de Korhogo. À la différence de Bouaké où le temps n’a pas permis la réalisation d’infrastructures, cette ville du nord va voir la construction de l’hôtel Mont Korhogo.
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Mais aussi la création de toutes pièces, d’un nouveau quartier, le quartier Soba.
En 1966, la fête revient à Abidjan selon la rotation de cinq ans. C’est ensuite la ville de Daloa qui l’accueille en 1967. Puis, Abengourou prend le relai en 1968 avant de faire la passe à Man en 1969.
On se souvient que c’est à l’étape de Man que le président Félix Houphouët-Boigny a fait un passage sur le pont de lianes dont des images ont été reprises sur des cartes postales.
Gagnoa et Bondoukou deviennent à leur tour les capitales de l’intérieur lors de cette célébration respectivement en 1970 et 1971.
En 1972, alors que le tour devait revenir à Abidjan conformément à la rotation, c’est Odienné qui accueille la fête. Son étape lui vaut les constructions d’un Stade omnisport : le Stade Mamadou Coulibaly.
La ville voit aussi sortir de terre l’Hôtel Denguélé, d’un centre commercial à la place Vacaba d’Odienné et la mise en service d’un cinéma, le Kabadougou.
Ce sont les éditions de 1973 et 1974 qui reviennent finalement à Abidjan, avant que Dimbokro n’accueille la célébration en 1975.
Abidjan reçoit à nouveau la fête en 1976 et 1977. Puis Séguéla prend le relai en 1978. Katiola est la dernière localité de l’intérieur à accueillir la fête de l’indépendance en 1979.
Après quoi, Abidjan accueillait toutes les célébrations. Ce jusqu’à la décision de faire cette fête à Yamoussoukro en 2022.
Était-ce le signe d’un retour aux célébrations tournantes ? Tout porte à le croire.
Puisque depuis, en dehors de la prise d’arme au palais présidentiel d’Abidjan en août 2023 du fait du décès du président Henri Konan Bédié, une autre ville de l’intérieur a pris le relais.
Il s’agit de Grand-Bassam qui l’accueillait le 7 août 2024. Cette année encore, c’est une autre ville de l’intérieur du pays qui reçoit la cérémonie officielle.
Il s’agit de Bouaké la capitale de Gbêkê qui retrouve cette fête 61 ans après.
Richard Yasseu














