C’est la fin d’une ère. L’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a cessé ses activités le mardi 1er juillet 2025. La fermeture de l’USAID est officielle.
La fermeture de l’USAID marque un tournant stratégique dans la politique étrangère des États-Unis.
Créée en 1961, l’USAID était l’un des principaux outils de l’aide extérieure américaine dans le monde.
Une structure historique née en pleine guerre froide
L’USAID est une initiative du 35ème président américain John F. Kennedy.
Le but de sa création était de coordonner l’aide américaine au développement et de renforcer l’influence diplomatique de Washington.
Cette agence est présente dans plus de 100 pays, principalement sur le continent africain.
Elle gérait des milliards de dollars de programmes dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de la gouvernance. Mais également de l’environnement et de l’aide humanitaire.
Santé publique, éducation, lutte contre la pauvreté
Au fil des années, l’agence est devenue un acteur majeur du développement mondial.
Elle soutient notamment la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme. On peut également citer les campagnes de vaccination et la santé maternelle.
L’USAID soutient également l’accès à l’éducation, notamment pour les filles, la sécurité alimentaire et l’agriculture durable.
La prévention des conflits et la réponse humanitaire d’urgence, de même que la gouvernance démocratique, la justice et la lutte contre la corruption, ainsi que l’adaptation au changement climatique étaient sur son programme.
Une réorganisation stratégique assumée
Le Département d’État américain a intégré l’USAID depuis le 1er juillet 2025.
Il a transféré certaines de ses fonctions et en a supprimé d’autres.
Il s’agit notamment de celles jugées non conformes aux priorités politiques de l’administration Trump.
Cette décision s’inscrit dans un plan de réduction de la taille du gouvernement fédéral, et de recentrage de l’aide américaine.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé que l’aide future sera « ciblée, limitée, et davantage tournée vers le commerce et l’investissement », avec un soutien uniquement aux pays jugés « capables de s’aider eux-mêmes ».
Vives critiques d’anciens présidents
L’ancien président Barack Obama a dénoncé une « erreur colossale », estimant que ce démantèlement met en péril des décennies de coopération internationale.
George W. Bush, à l’origine du plan d’aide mondial contre le Sida (PEPFAR), a exprimé sa crainte de voir certains programmes vitaux s’arrêter brutalement.
A LIRE AUSSI : USAID, vers la fin de l’agence d’aide humanitaire américaine.
Une étude publiée dans « The Lancet » évoque des conséquences humaines graves, avec jusqu’à 14 millions de morts supplémentaires dans les pays pauvres d’ici 2030, faute d’accès à l’aide médicale et alimentaire.
Plus de 5 800 financements suspendus
D’après les données officielles, 5 800 programmes de l’USAID ont été supprimés, et 4 100 subventions du Département d’État ont été annulées.
Cela représente 92 % des financements américains à l’étranger, pour une économie estimée à 60 milliards de dollars (environ 39 300 milliards FCFA).
Mais pour de nombreuses organisations, la fermeture de l’USAID a un coût humain incalculable.
Eirena Etté















