« Nous ne manifestons pas parce que notre indemnité légale n’a pas été payée. Nous manifestons simplement pour demander de la reconnaissance à ce pays (Ndlr : La France) que nous avons servi dans les moments difficiles », expliquait, mercredi 14 mai dernier, au micro de 7info, Elvis Kouamé, porte-parole des travailleurs civils de l’ex-base militaire française du 43e Bima.
Les travailleurs civils du 43e Bima en Côte d’Ivoire réclament davantage que des indemnités. Ils veulent de la reconnaissance.
Ce jour-là, environ 200 anciens employés ont manifesté bruyamment pour demander une revalorisation de leur indemnité de licenciement. Depuis février, l’ex-base militaire du 43e Bima est passée sous commandement ivoirien, ouvrant la voie à un licenciement collectif encadré par ce plan social.
La réaction du commandement français
Interrogé par 7info quelques jours plus tard, le commandant des forces françaises en Côte d’Ivoire, le colonel Bruno Yver, affirme avoir toujours été « bienveillant et soucieux des intérêts des employés ivoiriens ».
En prévision de la rétrocession du camp aux forces armées ivoiriennes – synonyme de licenciement pour ces travailleurs – les troupes françaises ont engagé un dialogue social avec les représentants syndicaux. L’objectif est clair : garantir un recasement des employés.
Des accords pour l’indemnisation
Le droit ivoirien et l’accord d’entreprise signé le 24 juillet 2023 ont servi de base aux discussions. Ratifié par le syndicat des employés civils du camp, cet accord prévoit, en effet, des primes complémentaires en plus des indemnités légales prévues par la législation ivoirienne.
Chaque agent recevra ainsi une prime complémentaire de 2 millions de FCFA. L’indemnité légale, elle, varie entre 875.806 FCFA et 47.080.912 FCFA selon l’ancienneté.
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Un accompagnement à la réinsertion
Les responsables prévoient également un accompagnement à la réinsertion professionnelle, au-delà des aspects financiers. Ce plan social inclut notamment un volet formation.
Le Commissaire Olivier Nakache, en charge de ce programme, détaille : « C’est une vaste liste de prestations allant de l’accompagnement à la recherche d’emploi à la création d’entreprise. »
Il ajoute : « Nous avons aussi des entretiens sur l’accompagnement entrepreneurial et des plans de financement pour lancer des sociétés. »
Mis en œuvre par le cabinet Calao, cet accompagnement devrait durer deux ans.
Trois types d’indemnités
Le colonel Bruno Yver précise les différentes aides prévues pour le 30 juin 2025, date officielle du licenciement :
« Il y a trois enveloppes différentes : l’indemnité légale prévue par le droit ivoirien, l’indemnité conventionnelle qui fait en moyenne huit millions de FCFA par agent, et une indemnité supplémentaire de 2 millions. »
Des résultats encourageants
Madame Fayi Abdallah, responsable coordination de la cellule formation chez Calao, assure que « les travailleurs sont très contents et acceptent les entretiens avec une facilité maintenant. »
Elle reconnaît : « C’était un peu difficile au départ, mais ils ont compris la démarche de cet accompagnement. »
À la date du mercredi 28 mai 2025, plus de 70 entretiens individuels avaient été réalisés. Par ailleurs, environ 60 personnes ont participé à des séances collectives.
Contacté de nouveau, Elvis Kouamé, porte-parole des travailleurs civils, n’a pas souhaité s’exprimer.
Serge Alain Koffi















