Côte d’Ivoire

Cybercriminalité : usurpation d’identité, escroqueries en ligne, plus de 12 000 plaintes enregistrées en 2024, la PLCC alerte

Mis à jour le 9 juin 2025
Publié le 09/06/2025 à 2:26 ,

Face à la montée en puissance des crimes numériques en Côte d’Ivoire, la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC), bras opérationnel de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), tire la sonnette d’alarme. 

Selon Marcelin Dougba, Commissaire de police et Chef de département de la PLCC, Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC), bras opérationnel de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI),  les plaintes enregistrées par sa structure n’ont cessé d’augmenter ces dernières années, atteignant un chiffre record de 12 000 en 2024.

 

Dans un entretien accordé à la presse, le Commissaire Dougba revient sur la mission et les actions de la PLCC, créée dans la foulée de la loi sur la cybercriminalité adoptée en 2013. « La PLCC lutte contre toute infraction pénale commise sur ou par le biais d’un système d’information. Nous recevons les victimes, les assistons et nous faisons diligenter des enquêtes pour identifier et interpeller les auteurs », explique-t-il.

Une hausse continue des plaintes

Les chiffres sont édifiants. En 2022, la PLCC enregistrait déjà plus de 6 000 plaintes. Ce chiffre est passé à 8 000 en 2023, puis à plus de 12 000 en 2024. « Cette hausse n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Elle traduit une meilleure connaissance des infractions cybercriminelles par les populations, grâce aux campagnes de sensibilisation que nous menons », rassure le commissaire.

Toutefois, cette croissance met aussi en lumière l’étendue du phénomène et l’évolution des techniques des cybercriminels.

 

Fake news, usurpation d’identité, escroqueries en ligne…

Parmi les infractions récurrentes, la propagation de fausses informations (fake news) est devenue un fléau, notamment en période électorale. « La PLCC veille. Nous instruisons les citoyens sur les risques liés aux fake news, et nous poursuivons les auteurs lorsque cela est nécessaire », indique le chef de la plateforme.

L’usurpation d’identité, les escroqueries via mobile money ou plateformes de vente en ligne, les atteintes à la vie privée, et les extorsions sont également des menaces fréquentes.

 

Comment signaler et se protéger ?

Tout citoyen peut se rendre physiquement dans les locaux de la PLCC pour porter plainte. La structure peut aussi être saisie par les juridictions, par des commissions rogatoires ou par des demandes d’entraide judiciaire. Elle peut également s’auto-saisir si les faits constatés ont un impact sociétal.

Pour se prémunir, le Commissaire Dougba recommande la prudence en ligne : « Il faut éviter de communiquer ses données personnelles comme le mot de passe ou les coordonnées bancaires, même à des proches. Il est essentiel d’adopter une bonne hygiène numérique. »

Une lutte continue, sans délai fixe

Si les plaintes sont nombreuses, leur traitement est variable selon la complexité des affaires. « Une enquête peut être résolue en une heure comme en deux ans. On ne peut donc donner une proportion précise. Mais soyez sûrs que toutes les affaires saisies sont suivies », précise-t-il.

Un appel à la vigilance

En guise de mot de fin, le Commissaire Dougba appelle à la responsabilité individuelle : « La cybercriminalité est une réalité. Il est important d’adopter des gestes simples et de rester vigilants. La sécurité sur Internet commence par soi-même. »

À l’heure où le numérique s’impose dans tous les secteurs, la vigilance citoyenne demeure le meilleur rempart contre les dérives du monde virtuel.

Eugène Tristan Sahi 

7info.ci_logo

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter 7info

L’INFO, VU DE CÔTE D’IVOIRE