Invité sur RFI, le ministre ivoirien Bruno Koné s’est exprimé sur la situation de la filière cacao, marquée par une chute des cours internationaux et des difficultés d’écoulement des stocks.
Face à la crise, l’État ivoirien a engagé un programme de rachat des fèves invendues afin de soulager les producteurs.
Selon le ministre de l’Agriculture Bruno Koné, « 64 000 tonnes ont déjà été levées » et environ 40 000 tonnes supplémentaires sont en cours d’enlèvement ».
Cette opération est pilotée par le Conseil Café-Cacao. Elle vise à stabiliser le marché et préserver les revenus des planteurs.
Le coût global évoqué atteindrait environ 430 millions d’euros, mais le ministre se veut rassurant. Des réserves constituées lors des bonnes campagnes permettront d’amortir le choc financier.
Une baisse du prix à l’avenir ?
Interrogé sur les informations relayées par Reuters concernant une possible baisse du prix du cacao, à l’image du Ghana, Bruno Nabagné Koné annonce une information prochaine des autorités.
« Des annonces seront faites dans les prochains jours », a-t-il déclaré. Ajoutant que « tout esprit rationnel comprend que, dans la situation actuelle, le Conseil Café-Cacao n’a pas beaucoup de choix devant lui ».
La décision porterait sur la gestion des stocks résiduels de la campagne principale écoulée ainsi que sur ceux de la campagne intermédiaire.
En Côte d’Ivoire, pour la campagne principale qui a commencé début octobre 2025, le prix bord champ du cacao est de 2 800 FCFA. Un prix historique dans le pays.
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Le Différentiel de revenu décent (DRD)
Bruno Koné s’est aussi prononcé sur le Différentiel de revenu décent (DRD). Il s’agit d’une prime minimale de 400 dollars par tonne négociée conjointement avec le Ghana.
Pour le ministre ivoirien, ce mécanisme reste essentiel.
« On ne peut pas parier sur l’avenir du secteur en sacrifiant ceux qui en sont à la base », dit-il.
Il rappelle que le cacao ne représente qu’environ 6 % du prix final d’un produit chocolaté consommé en Europe, soulignant que la question du coût ne saurait être imputée uniquement aux producteurs.
L’annonce du Conseil café-cacao attendue
Dans un contexte international défavorable, la Côte d’Ivoire semble ainsi contrainte d’arbitrer entre soutenabilité budgétaire et protection du revenu paysan.
L’annonce du Conseil Café-Cacao est attendue. Elle devrait situer les acteurs de la filière qui suivent de près le dénouement de la crise actuelle.
Tristan Sahi















