Cinq jours après l’annonce du nouveau prix du cacao, la Coordination rurale de Côte d’Ivoire (CR-CI) monte au créneau. Son président, Ehora Yao Léonard, a demandé une revalorisation du différentiel coopératif. C’était le dimanche 5 octobre 2025 lors d’un point presse à Abengourou.
Un prix en hausse, mais une marge figée
Le président de la CR-CI accueille avec joie la décision du chef de l’État, Alassane Ouattara, de faire passer le prix bord champ du cacao de 1 800 à 2 800 FCFA/kg pour la campagne 2025-2026.
Mais il regrette que la marge destinée à couvrir les charges des coopératives, appelée différentiel coopératif, reste bloquée à 100 FCFA.
« Quand le cacao valait 850 FCFA, le différentiel était de 80 FCFA. Puis il est passé à 100 FCFA lorsque le prix a atteint 1 800 FCFA. Aujourd’hui, avec 2 800 FCFA, il n’a pas bougé », fait-il remarquer.
Un appel à la revalorisation
Pour les responsables de coopératives, cette marge ne suffit plus à assurer la viabilité des activités.
Ehora Yao Léonard propose donc de porter le différentiel à 150 FCFA/kg.
Selon lui, cette mesure permettrait de soutenir les charges opérationnelles et d’éviter l’asphyxie financière des structures rurales.
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« Nous ne demandons pas l’impossible, mais simplement de quoi travailler dans de bonnes conditions », insiste-il, appelant le Conseil du café-cacao à examiner la question en urgence.
Des coopératives au bord de la rupture
Actuellement, les marges dégagées ne couvrent plus les frais bancaires ni les charges de fonctionnement.
« Si une coopérative emprunte 120 millions FCFA pour financer un chargement de cacao, elle ne dégage même pas 1 % de chiffre d’affaires », a expliqué le président de la CR-CI.
À ce rythme, de nombreuses structures risquent la faillite.
Ehora Yao Léonard alerte.
« C’est un gros risque pour nous, dirigeants de coopératives. Sans soutien, certaines devront cesser leurs activités », s’inquiète le président de la CR-CI.
Eirena Etté















