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Coopération agricole- « Journée de la Côte-d’Ivoire » au Salon de l’Agriculture en France, Macron invité au SARA d’Abidjan

Mis à jour le 5 avril 2019
Publié le 01/03/2019 à 12:14

Ce jeudi 28 février, la Côte d’Ivoire était à l’honneur au Salon International de l’Agriculture (SIA), qui se tient à Paris Porte de Versailles du 23 février au 3 mars. L’occasion pour les ministres de l’Agriculture des deux pays de faire le point sur leur coopération, la situation agricole en Côte d’Ivoire et de détailler les chantiers futurs, avant que la France ne soit à l’honneur lors du SARA d’Abidjan en novembre prochain. 

Où en est la coopération en matière d’agriculture entre la Côte d’Ivoire et la France ? À quoi sert-elle ? Y-a-t-il eu de réelles avancées ? C’est à ces questions que les ministres Didier Guillaume et Mamadou Sangafowa Coulibaly sont venus répondre. Avant que les ministres ne prennent la parole, le Dr. Nouhoun Coulibaly, directeur général de la Planification, du contrôle des projets et des statistiques, fait le bilan du Plan national d’investissement agricole (PNIA) 2012-2017, porté sur la coopération franco-ivoirienne et ses effets. En cinq ans, ont été observée une augmentation de la production (+8%) ainsi que des revenus, qui s’est opérée en parallèle d’une baisse de la pauvreté rurale de 6% et de l’insécurité alimentaire. De nombreux emplois ont été créés, notamment chez les femmes et les jeunes. « La France est le premier bailleur bilatéral de la Côte d’Ivoire en la matière », assure le Dr. Coulibaly. Et d’appuyer ses propos avec des chiffres. La France représente 82% des financements bilatéraux sur la période 2012-2017, et a investi à 63% dans le secteur public. En 2017, la France a importé 749 millions € de produits agricoles ivoiriens, ce qui fait d’elle son cinquième client.

Pour le PNIA 2, qui a commencé en 2018, 2 000 milliards de Fcfa seront mobilisés. 149 milliards FCFA proviendront d’accords bilatéraux, dont 83% seront couverts par la France. Les projets phares de ce plan sont désignés : place à l’innovation technologique et au renforcement de la sécurité alimentaire. Une place particulière sera accordée à la filière cacao avec la création d’un label. Le Dr Coulibaly termine en pointant du doigt quelques faiblesses : « Les perspectives de financement pour le PNIA II sont faibles. Et des renforcements nécessaires sont attendus dans deux domaines : la transformation sur place des produits agricoles et l’innovation technologique ». Terminant, il souligne que « le travail avec la France est absolument nécessaire et positif ». 

Des mots que ne saurait contredire le ministre ivoirien Sangafowa Mamadou, qui salue d’entrée la pertinence de la rencontre avec son homologue français, prise très au sérieux. « Nous sommes venus avec une délégation de qualité ! Tout ce que la Côte d’Ivoire compte de patrons dans le secteur agricole ! » lance-t-il, avant de louer l’alliance avec la France. « Notre coopération est riche. C’est une coopération excellente. Nous fondons beaucoup d’espoir dans cette dernière, pour une transformation structurelle de notre modèle agricole ». Le ministre terminera sa brève allocution en lançant une invitation officielle au Président français Emmanuel Macron au SARA d’Abidjan qui se tiendra du 22 novembre au 1er décembre 2019. 

Le ministre de l’Agriculture français, Didier Guillaume, fait part de son « plaisir » de participer à cette réunion, et loue cette « longue et riche coopération entre nos deux pays », rappelant que la Côte d’Ivoire « est un pays majeur dans l’agriculture ». Le ministre salue les efforts engagés par la Côte d’Ivoire dans le domaine agricole, qu’il qualifie de « très importants, notamment dans la lutte et le combat pour une agriculture et une production ‘0 déforestation’ », promettant que la France accompagnerait son allié dans ce chemin, louant un « multilatéralisme large, gagnant-gagnant ». 

Il faut ensuite se rendre au Hall 5 du Parc des expositions, où se situe le grand stand de la Côte d’Ivoire. La musique locale, entraînante, couvre les bruits de la foule qui déambule dans les allées, et se presse autour du stand ivoirien. Des danseurs en tenue traditionnelle dansent au rythme des tambours, et attirent les visiteurs, intrigués, qui s’arrêtent pour regarder avec délectation le spectacle donné. Sur les stands sont exposés des mets ivoiriens, des épices, du poivre, des haricots, du néké, du fonio ou encore de l’akpi. Le secteur halieutique est aussi représenté. Des aquariums sont posés sur des tables. Une exposante pose sur sa main un énorme escargot de mer, et le montre aux passants. Des bouts de fruits découpés font le bonheur des curieux qui les trempent dans une fontaine de chocolat installée à côté. Un menu spécial est concocté sur place. Ce midi, ce sera du foutou et du riz accompagnés d’une sauce graine. La musique s’intensifie, la foule se masse; les ministres Sangafowa et Adjoumani sont arrivés sur le stand, et saluent chacun des exposants, prenant le temps de prendre des photos avec chacun d’entre eux.
 
Victor Merat, à Paris
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