Continent

Comment le Burundi écarte les présidents avides de pouvoir

Mis à jour le 23 janvier 2020
Publié le 23/01/2020 à 3:42 , , , ,

Ce mardi 21 janvier, le Burundi a adopté une nouvelle loi prévoyant de juteux avantages à ses présidents sortants élus au suffrage universel. Dès la fin de leur mandat, ces derniers pourront jouir de biens matériels et pécuniaires entre autres…

Une villa de « très haut standing », un chèque de 500 000 euros et un salaire à vie. Il pourrait s’agir de gains de loterie, mais ce sont là les principaux avantages dont Pierre Nkurunziza, président sortant burundais, bénéficiera au terme de son mandat en mai 2020. Selon l’AFP, ce nouveau projet de loi adopté par 98 voix pour et 2 contre permettra au président sortant de bénéficier d’une « villa de très haut standing construite sur les fonds publics dans la localité de son choix dans les 5 ans, ainsi que d’une allocation unique de 1 milliard de Fbu » (environ 500 000 euros). Par ailleurs, durant les sept années suivant la fin de son mandat, le président sortant recevra les mêmes traitements que le vice-président en exercice et percevra une indemnité égale aux émoluments d’un député à vie. Enfin, la nouvelle mesure prévoit que « les dispositions qui protègent l’honneur, la dignité et l’intégrité physique du chef de l’Etat s’appliquent à l’ancien chef de l’Etat. Et la Cour suprême demeure compétente le concernant ».

Le projet de loi écarte de son champ d’application les présidents arrivés au pouvoir par le « simple consensus d’un groupe de politiciens » car ces derniers n’ont pas « la même considération que celui qui a été élu démocratiquement au suffrage universel direct » a expliqué la ministre de la Justice Aimée-Laurentine Kanyana. De même, les présidents parvenus au pouvoir par un coup d’Etat, comme Pierre Buyoya en 1987, ne pourront jouir de ses avantages.

Au Burundi, pays en crise où 75% de la population vit sous le seuil de pauvreté, ces avantages paraissent indécents. Mais selon certains experts, ce nouveau projet de loi est positif car il permettra de freiner les présidents avides de pouvoir. « Taillée sur mesure » pour Pierre Nkurunziza, cette nouvelle loi laisse entendre que le président burundais ne briguera pas un troisième mandat. Entre avril et mai 2015, l’annonce de sa candidature avait d’ailleurs plongé le Burundi dans une sanglante crise politique ayant entraîné la mort de 200 personnes et le déplacement de 400 000 burundais selon la Cour pénale internationale (CPI).

Manuela Pokossy-Coulibaly

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