Côte d’Ivoire

Cancer : septembre en Or – octobre Rose, quelle différence, ces chiffres qui interpellent

Mis à jour le 2 octobre 2023
Publié le 02/10/2023 à 2:13 , , , , , , ,

Saviez-vous que le mois de septembre est aussi dédié à la lutte contre le cancer ? A côté d’octobre Rose, dédié au cancer du sein, le monde commémore également Septembre en or, qui vise à lutter contre les cancers de l’enfant et du jeune adulte.

 

Tous les 30 septembre, l’ONG Aline met en lumière cette journée par des activités sportives de sensibilisation des communautés pour soutenir et dessiner ensemble un avenir à tous les enfants vivant avec un cancer. Son président, Damien Alain Yapo, marqué par la disparition de sa sœur à la suite d’un cancer, est très attaché à cet élan de solidarité autour de ces enfants dont le nombre est estimé à un millier de malades par an.

« Cela fait trois ans que nous commémorons cette journée. Elle nous permet d’être beaucoup plus proche des populations. Par la “marche en or”, nous nous projetions dans la sensibilisation de proximité. Chaque pas que nous faisons nous rapproche de ses enfants », soutient-il.

Membre de la Coalition des organisations de lutte contre le cancer (COLCC) en Côte d’Ivoire, cette ONG entend également s’investir dans la sensibilisation durant tout le mois d’octobre dédié à la lutte contre les autres cancers et le cancer du col de l’utérus et du sein en particulier, à travers la campagne “Octobre rose”.

« Nous sommes très actifs au sein de la COLCC. Nous serons encore engagés dans la lutte contre le cancer des adultes », ajoute Damien Alain Yapo.

Chaque année, le cancer du sein est à l’origine de 341 831 décès dans le monde, pour 604 127 cas qui surviennent. En Côte d’Ivoire, ce sont 1 417 décès pour 2 067 nouveaux cas. La Colcc plaide auprès de l’État pour un budget de prise en charge des victimes, la maladie quant à elle reste encore un mythe pour certains ivoiriens.

Coiffeuse à Yopougon, Charlotte Ahou Yao a perdu une proche fauchée par une tumeur cancéreuse appelée aussi cancer malin. Mais elle semble minimiser le mal.

« Une de mes tantes a été victime d’un cancer du cerveau. Elle a été opérée et après on a parlé des infections dans la gorge, puis elle est décédée », raconte la jeune femme portant un enfant d’environ deux ans au dos.

Interrogé si elle a déjà procédé à un test ou dépistage de cancer, elle répond par la négative.

« Je connais des gens qui ont fait leur dépistage, mais moi non. Je me dis qu’il faut d’abord sentir des signes pour le faire. Pour moi, aller à l’hôpital sans présenter de signe de maladie n’est pas correct », estime la jeune femme âgée, trente ans révolus.

Le gouvernement ivoirien à travers le Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa) espère atteindre un taux de vaccination de 90 % de filles ayant entre 9 et 14 ans ; 70 % de femmes (35-45 ans) dépistées et 90 % de femmes en début de maladie traitées.

Malheureusement, déplore Dr Simon Boni, du PNLCa, trop de femmes atteintes de cancer du col de l’utérus vont en consultation beaucoup trop tardivement, pour une maladie qui se soigne et se guérit en Côte d’Ivoire, sans grands frais.

« 75 % des cas que nous recevons dans nos hôpitaux sont des consultations tardives, c’est-à-dire que les femmes viennent à l’hôpital quand la maladie est déjà à un stade avancé. Alors que nous avons trois grands vaccins sur le marché en Côte d’Ivoire. C’est gratuit et disponible sur l’ensemble du territoire national », a précisé le médecin spécialiste.

Selon le PNLCa, les soins sont coûteux une fois la maladie déclenchée, là où le Centre National d’Oncologie Médicale et de Radiothérapie Alassane OUATTARA (CNRAO) de Côte d’Ivoire vous permet la prise en charge presque gratuite de la pathologie.

Tristan Sahi

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