Côte d’Ivoire Politique

Cancer du sein, Faible taux de survie dans les pays du sud, la réponse ivoirienne

Mis à jour le 22 octobre 2018
Publié le 22/10/2018 à 4:59 , , ,

Daniel Kablan Duncan, Vice-président de la Côte d’Ivoire a présenté la réponse ivoirienne au faible taux de survie du cancer du sein dans les pays les moins avancés. Il a présenté cette réplique au mal du siècle à l’occasion de la 2eme édition des Journées de Mobilisation des Medias contre le cancer des seins, initiée par la plateforme Echos Media, les 19 et 20 octobre à Grand-Bassam.

Venir à bout du cancer du sein. C’est l’un des challenges sanitaires dans le monde.  Si dans les pays développés, le taux de survie est élevé, dans les pays  du sud comme la Côte d’Ivoire, la réalité est tout autre. Le taux de mortalité est estimé à 54% des cas découverts dans le pays.

 Dr Mocktar Touré, chef de service adjoint en cancérologie au CHU de Treichville à Abidjan, pointe du doigt, le diagnostic tardif.  «  60 à 70 % des cas sont découverts à des stades tardifs ». Il cite les habitudes socio-culturelles, l’ignorance, le manque de moyens et l’absence de concertation pluridimensionnelle comme des facteurs liés au diagnostic tardif.

Dr Mocktar Touré, chef de service adjoint en cancérologie a présenté ce tableau au cours de la 2eme édition des Journées de Mobilisation des Médias contre le cancer des seins.

 Daniel Kablan Duncan, vice-président de la Côte d’Ivoire parrain de la cérémonie a indiqué qu’« En vue de répondre efficacement à ce fléau, le gouvernement ivoirien met en œuvre un programme hardi de lutte contre le Cancer.

C’est dans ce contexte que le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, à l’instar de tous les pays du monde, a décidé d’encourager la campagne dédiée à la sensibilisation et à la prévention contre le  cancer du sein appelé «Octobre Rose »,et de s’y impliquer   fortement ».

 Le vice-président se réjouit du partenariat avec le Laboratoire Roche, depuis 2014. Ce qui a permis « la réalisation de deux centres de sénologie où l’examen d’orientation diagnostic est  à coût réduit. L’un des centres, est installé au sein du Centre Hospitalier et Universitaire de Treichville et l’autre, à l’Institut National de Santé Publique à Adjamé » a-t-il soutenu.

Il se satisfait également, entre autres, de  la création depuis 2014, de trois centres de diagnostic avec l’immuno-histochimie, afin de bien orienter les traitements des malades atteints de cancer du sein.Ce partenariat permet depuis 2015, à plus de 4000 femmes, de se faire chaque année dépister par la mammographie et l’échographie, à coût réduit. Kablan Duncan note un programme de renforcement de capacités du personnel de la santé qui a permis la formation de 1500 médecins à ce jour. « On dénombrera également au total huit oncologues d’ici à fin 2018 sortis de la faculté de médecine depuis l’instauration en 2015 du diplôme spécialisé d’oncologie médical », assure-t-il.

Le vice-président de la République annonce la gratuité du vaccin contre le cancer du col de l’utérus. «  Le Programme Nationale de Lutte contre le Cancer nous a confirmé qu’à partir de 2019, le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) principal responsable du cancer du col de l’utérus, sera introduit dans le Programme Elargi de Vaccination (PEV). Tous les vaccins inscrits dans le Programme Elargi de Vaccination étant gratuits et obligatoires, cette action  permettra la protection de nombreuses jeunes femmes contre le cancer du col de l’utérus »

 Depuis janvier 2018, la Côte d’Ivoire dispose d’un Centre National de Radiothérapie et d’Oncologie, rattaché au Centre Hospitalier Universitaire de Cocody. Il est annoncé, par ailleurs, la construction d’un Centre Régional de référence de Radiothérapie et d’Oncologie Médicale à Grand-Bassam.

Détecté à temps, le cancer de sein se soigne dans 9 cas sur 10.  D’où l’importance de la sensibilisation-prévention.

C’est ce qui justifie l’initiative Echos Média conduite par Leah Muriel Guigui. « C’est connu, le cancer du sein tue aussi et surtout à cause  de l’ignorance. Mais alors, comment combattre efficacement l’ignorance si nous ne faisons pas l’apprentissage du savoir ? Il nous faut donc et absolument savoir et faire savoir. Et qui mieux que le journaliste pour porter le fer de lance de notre combat contre le cancer du sein ? », justifie-t-elle.

Le cancer du sein est le premier cancer chez la femme.  Entre 2000 et 2012,  le nombre de cas de cancers du sein est passé de 25 cas pour 100 000 habitants à 36,6 cas  pour 100.000 habitants en dix ans. On  dénombre 2 248 nouveaux cas de cancer du sein par an dans le pays.
Nesmon De Laure
Pôleafrique.info

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