CAN 2025

CAN Maroc 2025, pourquoi faut-il payer 10 000 FCFA pour regarder tous les matchs ?

Mis à jour le 17 décembre 2025
Publié le 17/12/2025 à 6:27 , , ,

La décision de rendre la chaîne Canal+ CAN accessible uniquement à partir de la formule Évasion qui coûte 10 000 FCFA, continue de susciter une vive controverse en Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays africains. Entre colère populaire, mobilisation numérique et justifications officielles, retour sur ce qui explique ce coût pour suivre l’intégralité de la Coupe d’Afrique des Nations 2025.

Canal+ CAN, le diffuseur payant de tous les matchs

Pour la CAN Maroc 2025, qui se déroulera du 21 décembre au 18 janvier, le diffuseur français a obtenu auprès de la CAF le package payant intégral, incluant les 52 matchs de la compétition.

Cette acquisition donne naissance à une chaîne événementielle dédiée. Il s’agit de Canal+ CAN (canal 16).

Elle propose non seulement des rencontres, mais aussi une couverture éditoriale renforcée. Ce sont des émissions spéciales, des analyses, des magazines, Jour de CAN et Soir de CAN.

Cette offre « premium » explique en partie le positionnement tarifaire.

Une décision encadrée par les autorités ivoiriennes

Selon les responsables en Côte d’Ivoire du diffuseur, la migration de la chaîne CAN vers la formule Évasion n’est pas un choix unilatéral de l’opérateur.

« Cette décision répond à une demande des autorités ivoiriennes », affirment-ils lors d’une conférence de presse tenue à Abidjan Cocody.

Lors de la CAN 2023 organisée en Côte d’Ivoire, une dérogation exceptionnelle avait permis l’accès à cette chaîne dès la formule Access (5 000 FCFA). C’était au nom du caractère national de l’événement.

Cette fois-ci, la compétition se jouant à l’extérieur, aucune dérogation n’a été accordée.

« Une fois la loi prise, elle s’applique », ont insisté les responsables de l’entreprise.

Droits TV : gratuit et payant, deux package distincts

Un point central du débat concerne la répartition des droits de diffusion.

A LIRE AUSSI : CAN 2025 : La CAF confie une mission spéciale au patron du CCDO 

La CAF demeure l’unique propriétaire des droits de la CAN et les commercialise sous différents packages.

Les matchs gratuits (32 rencontres) ont été acquis par New World TV, puis cédés aux chaînes nationales africaines, dont RTI, NCI, Life TV et 7 Info en Côte d’Ivoire.

Le package payant intégral (52 matchs) a été acheté par Canal+.

La société affirme n’intervenir ni dans la répartition des droits, ni dans la concurrence avec les chaînes locales.

Elle rappelle que celles-ci restent disponibles sur son bouquet dès la formule Access et sur la TNT gratuite.

Une couverture complète… mais jugée excluante

Pour le diffuseur français, le prix de 10 000 FCFA se justifie par : l’achat exclusif des droits payants, la production de contenus éditoriaux supplémentaires, la diffusion en continu de l’intégralité des matchs.

Mais pour de nombreux téléspectateurs, cette logique commerciale entre en conflit avec l’esprit populaire de la CAN.

Sur les réseaux sociaux, des centaines de milliers d’internautes dénoncent une décision perçue comme excluante.

Ils soutiennent les chaînes nationales et estiment que « la CAN appartient au peuple africain ».

Une polémique désormais continentale

De Dakar à Kinshasa, en passant par Lomé, Ouagadougou ou Cotonou, la grogne dépasse les frontières ivoiriennes.

La pression populaire a conduit plusieurs médias internationaux, dont France 24, BBC, TV5 Monde et RFI, à relayer la polémique.

Entre droit commercial et droit du public

En définitive, payer 10 000 FCFA pour voir tous les matchs de la CAN Maroc 2025 relève moins d’un choix du diffuseur que d’un cadre légal et commercial fixé par la CAF, validé par les autorités nationales.

Le débat, lui, reste ouvert : comment concilier rentabilité des droits sportifs et accès populaire à la plus grande fête du football africain ?

Le bras de fer est engagé, et pour beaucoup d’Africains, une certitude demeure : la CAN est une passion collective, pas un luxe.

Tristan Sahi

7info.ci_logo

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter 7info

L’INFO, VU DE CÔTE D’IVOIRE