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Burkina Faso, la CEDEAO disposée à accompagner la transition de 3 ans

Mis à jour le 18 mars 2022
Publié le 18/03/2022 à 7:30

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a conduit une délégation auprès des autorités militaires burkinabés. C’était le jeudi 17 mars 2022. L’organisation sous-régionale a affirmé être disposée à accompagner la transition de 3 ans.

C’est l’acceptation de la durée de la transition au Burkina Faso par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’organisation sous-régionale a dépêché une délégation conduite par Shirley Ayorkor Botchwey, la ministre ghanéenne des Affaires étrangères auprès des autorités à Ouagadougou. Le président burkinabè, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba a fait savoir à l’émissaire de la CEDEAO que le délai de durée de la transition est fixé à 36 mois, comme mentionné dans la charte de la transition.

Selon le nouvel homme fort de Ouagadougou, la durée de 3 ans est liée à la crise sécuritaire que vit son pays du fait des attaques terroristes. Quant à la représentante de l’organisation sous-régionale, elle a affirmé que la CEDEAO est disposée à accompagner le Burkina Faso durant le processus de transition.

« La CEDEAO est un peu inquiète de la durée de la transition. Mais les autorités ont expliqué les raisons derrière la décision de ces 36 mois », notamment « la situation sécuritaire », a déclaré la diplomate ghanéenne. Et d’ajouter : « Les problèmes qui frappent le Burkina Faso sont aussi nos problèmes (…) ce n’est pas en ces moments où le Burkina a des besoins que nous l’abandonnions. Oui, le Burkina est suspendu de la CEDEAO, mais il est toujours un membre et nous continuerons de travailler ensemble pour ramener la normalité dans ce grand pays », a soutenu Shirley Ayorkor Botchwey.

Le Mali lui a été sanctionné

La nouvelle ne ravit pas tout le monde au pays des Hommes intègres. « La déception est telle que je ne souhaite plus quelque chose d’autre à part que cette transition passe assez rapidement. Ces trois ans me semblent pénibles à supporter », déplore l’écrivain burkinabè Ulrich Bonogo, joint par 7info.

Courant janvier 2022, les autorités militaires au pouvoir au Mali voisin n’ont pas eu cette chance. Leur proposition de faire 5 ans aux affaires pour les mêmes raisons sécuritaires n’a pas eu l’assentiment de la CEDEAO. La conférence des Chefs d’État de la sous-région a décidé de mettre le pays sous embargo.

Selon Séka Léon, un doctorant en sciences politiques à l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan Cocody, la souplesse de la CEDEAO vis-à-vis du Burkina Faso est consécutive à la proposition faite par la junte au pouvoir. « Les colonels au pouvoir à Bamako ont commis un crime de lèse-majesté en se tournant vers des paramilitaires russes. Une démarche aux antipodes des relations entre la France et ses ex-colonies. Le lieutenant-colonel Damiba au Burkina Faso lui n’a pas encore franchi la ligne rouge raison pour laquelle il est ménagé par la CEDEAO », analyse-t-il pour 7info.

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