L’Université Alassane Ouattara a accueilli la restitution officielle du projet « Promouvoir la culture de l’anticipation par l’éducation prospective », porté par la Chaire UNESCO Anticipation, Prospective et Territoires Durables.
Une initiative pédagogique ambitieuse qui entend former une jeunesse capable d’anticiper les mutations du monde et de construire activement son avenir.

La cérémonie, qui s’est tenue devant un large public d’étudiants, d’élèves, d’enseignants et de chercheurs, a permis de revenir sur les grandes lignes du projet et de mettre en lumière les premiers résultats d’une expérimentation menée durant plusieurs mois dans différents établissements scolaires et universitaires de Bouaké.
Ancrer la prospective dans les pratiques éducatives
Le Professeur Koffi Simplice Yao, maître de conférences CAMES et sous-directeur de la recherche à la Chaire UNESCO, a rappelé l’enjeu fondamental de cette démarche :
« Il ne s’agit plus de faire de la prospective une chasse gardée de l’élite, mais de démocratiser cette capacité à penser l’avenir en impliquant toutes les couches de la communauté éducative. L’école doit devenir un espace d’apprentissage du futur. »
Durant plusieurs mois, des classes expérimentales au primaire, au secondaire et à l’université ont suivi des modules adaptés à leurs niveaux. L’objectif : initier les jeunes à la pensée prospective, à travers des outils ludiques, critiques et collaboratifs.
Une phase pilote pour 100 étudiants à l’Université Alassane Ouattara
Le projet s’est particulièrement concentré sur 100 étudiants de Licence 2, issus de différentes UFR de l’Université Alassane Ouattara. À ce sujet, Bamba Koulako, chef de service à la Commission nationale ivoirienne pour l’UNESCO, a précisé :
« Ces étudiants bénéficient d’un encadrement pédagogique centré sur les méthodes de la prospective appliquée. L’ambition est de faire d’eux des citoyens actifs, capables de comprendre les transformations du monde et de proposer des solutions adaptées aux réalités locales. »
Un projet ancré dans les ODD
Cette initiative s’inscrit pleinement dans le cadre de l’Objectif de Développement Durable n°4, qui promeut une éducation inclusive, équitable et de qualité. À Bouaké, pôle universitaire stratégique de la Côte d’Ivoire, elle revêt un sens particulier, selon le Professeur LeBau, secrétaire chargé de la recherche à l’Université Alassane Ouattara :
« Bouaké, c’est un creuset de savoirs. Il est essentiel que cette ville forme des esprits capables de penser à long terme, dans une dynamique d’anticipation, de durabilité et de résilience. »
Des élèves et étudiants déjà engagés
Parmi les participants, Ahoura Fanta Caroline, auditrice universitaire, témoigne avec enthousiasme :
« Ce programme m’a ouvert les yeux sur le monde de demain. Il m’a appris à me projeter, à analyser les signaux faibles du présent pour construire un avenir meilleur. C’est une expérience que je souhaite partager avec d’autres jeunes. »
Vers une mobilisation collective autour de la jeunesse et du futur
L’approche adoptée se veut interdisciplinaire et intergénérationnelle, impliquant enseignants du secondaire, chefs d’établissements, chercheurs, collectivités locales et décideurs publics. L’idée est de co-construire une vision collective du futur de la jeunesse ivoirienne, au-delà des cloisonnements institutionnels.
Clôture sous le signe de l’engagement
La cérémonie s’est conclue par une remise d’attestations aux premiers auditeurs de cette session inaugurale. Un moment solennel, salué par les professeurs présents, qui voient dans cette initiative un modèle à reproduire dans d’autres régions.
« La prospective est un outil d’émancipation. Si nous voulons bâtir une nation forte, nous devons former une jeunesse lucide, critique et visionnaire », a résumé le Pr Koffi Simplice Yao, en guise de mot de clôture.
Avec ce projet, Bouaké affirme son rôle de laboratoire éducatif et citoyen tourné vers l’avenir, où la jeunesse n’est pas seulement spectatrice, mais actrice du changement.
Eugène Tristan SAHI














