Côte d’Ivoire

Automobiles d’occasion- Limitation d’âge, décret « inapplicable », les importateurs: « Trop de corruption au dédouanement et à l’immatriculation »

Mis à jour le 20 septembre 2018
Publié le 07/12/2017 à 11:17

La décision du gouvernement ivoirien de limiter l’âge des véhicules importés en Côte d’Ivoire est une pilule amère à avaler pour les acteurs du secteur du transport dans le pays. Pour eux, le décret pris ce mercredi 06 décembre en conseil des ministres est « inapplicable ».

Désormais, tous les véhicules d’occasion qui entrent en Côte d’Ivoire, ne doivent pas être de plus de 5 ans. L’annonce a été faite à la conférence de presse d’après conseil des ministres de ce mercredi 6 décembre par le porte-parole du gouvernement Bruno Nabagné Koné. Cette décision est motivée par la volonté de l’État, « de rajeunir le parc automobile, limiter la création anarchique de garages auto et surtout, réduire les émissions de gaz à effet de serre ». Cependant, les propriétaires de parcs automobiles, dont l’importation et la vente de véhicules d’occasion, est la principale activité, estiment que cette décision ne pourra en aucun cas être appliquée.

«  Ce décret ne tient pas compte des réalités que nous vivons, nous importateurs de véhicules. Plutôt que de limiter l’âge des véhicules d’occasion qui arrivent au port d’Abidjan, il faut régler le problème de corruption qui gangrène la chaîne de dédouanement et d’immatriculation. Aujourd’hui, c’est la douane qui fixe le prix du véhicule que vous avez acheté avant de vous imposer un montant pour le dédouanement. C’est abusé. L’ivoirien moyen achète un véhicule entre 4 à 6 millions de FCFA. Au delà, c’est impossible. Mais avec ce décret, les véhicules ne pourront plus être vendus en dessous de 10 millions FCFA. Ce qui veut dire que tout le monde ne pourra pas s’acheter une voiture et la corruption pourra continuer à prospérer » a indiqué Koné Abou, importateur de véhicules d’occasion. In estime que « le motif évoqué par l’État ne tient pas. La pollution de l’atmosphère et l’émission des gaz à effet de serre, sont dues au mauvais fonctionnement des structures comme Côte d’Ivoire Logistique ou SICTA. Une voiture peut avoir plus de 10 ans et être moins polluante qu’une autre qui a moins de 5 ans. C’est aux structures de l’État de mesurer le niveau d’émission de gaz des véhicules avant leur mise en circulation. Mais au lieu de cela, on décide de s’en prendre à notre activité. Tout cela pour cacher la corruption qui tue l’import export en Côte d’Ivoire » a t-il dénoncé.

Boa Elisée est lui aussi importateur et vendeur de véhicules d’occasion. Selon lui, ce décret fera long feu car les autorités se rendront vite compte des difficultés de son application.

« Où va l’État je me demande ? Je pense qu’il y a des questions plus sérieuses que l’importation des véhicules, à traiter. On veut simplement empêcher chaque ivoirien d’avoir sa voiture et l’obliger à prendre le métro, qu’ils s’apprêtent à construire sinon je ne vois pas d’autres raisons. Ils auront beaucoup de difficultés pour appliquer ce décret car les gens trouveront le moyen de faire sortir des voitures de plus de 5 ans. C’est moi qui vous le dis. Plusieurs emplois seront perdus et nous ne pourrons plus vivre aisément de notre activité, c’est déplorable » a regretté le jeune homme.

Les propriétaires de parcs automobiles ont décidé de fédérer leurs efforts afin de faire barrage à cette décision. Récemment des taxis « nouvelle génération » encore appelés taxis de l’émergence, ont été lancés à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, comme pour montrer la volonté manifeste de l’État de rajeunir le parc automobile. 

Éric Coulibaly

Source : Rédaction Poleafrique.info

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