Côte d’Ivoire

Assemblée nationale: Jérôme Patrick Achi largement élu, un insubmersible technocrate au perchoir

Mis à jour le 17 janvier 2026
Publié le 17/01/2026 à 12:51 , , , , , , , ,

Le candidat du RHDP a remporté le scrutin avec 215 voix sur 253, soit 84,98 % des suffrages, contre 36 voix (14,23 %) pour son challenger du PDCI-RDA, Yao Yao Lazare, sur un total de 253 députés votants. Le député d’Adzopé obtient ainsi une majorité écrasante pour diriger la chambre basse du Parlement.

Souvent annoncé en perte de vitesse, Patrick Achi a, une fois de plus, déjoué les pronostics. Tel un phénix, il signe un retour remarqué au premier plan de la scène politique, plus de deux ans après son limogeage surprise du poste de Premier ministre en octobre 2023. Adoubé par le président Alassane Ouattara, il retrouve aujourd’hui une position stratégique au cœur de l’architecture institutionnelle.

Un retour au sommet soigneusement préparé

Nommé en janvier 2025 ministre d’État, conseiller spécial à la Présidence de la République, il était déjà perçu comme une pièce maîtresse du dispositif présidentiel. Son accession au perchoir s’inscrit dans la continuité de cette trajectoire ascendante, au sein d’une Assemblée nationale largement dominée par les députés du RHDP.

Une longévité politique hors norme

Avec plus de vingt-trois années de présence continue au sommet de l’État, Patrick Achi s’impose comme l’un des visages les plus constants de l’appareil étatique ivoirien. Ministre à plusieurs reprises, secrétaire général de la Présidence, puis Premier ministre, il a servi sous différents chefs de gouvernement, de Pascal Affi N’Guessan à Seydou Diarra, en passant par Charles Konan Banny, Guillaume Soro et Daniel Kablan Duncan.

Cette exceptionnelle longévité lui a valu des surnoms évocateurs dans l’opinion publique et les cercles politiques, entre admiration et ironie : « Highlander » ou encore « le cyborg », pour souligner sa capacité à durer là où beaucoup s’effacent.

De la technocratie à la légitimité électorale

Né le 17 novembre 1955 à Paris, ingénieur de formation, Patrick Achi s’est longtemps illustré comme un technocrate rigoureux, peu exposé aux affrontements politiques. Soucieux d’ancrer son action dans une légitimité électorale, il s’est progressivement investi dans la Mé, sa région d’origine, en pays akyé.

Un pari gagnant. Élu député d’Adzopé sans discontinuité depuis 2011, il a également exercé à trois reprises la présidence du Conseil régional. Aujourd’hui, il est considéré comme le leader politique incontesté de la zone, aux côtés de son épouse Florence Achi, maire d’Adzopé.

Un homme de consensus au perchoir

Travailleur infatigable, discret, peu porté sur la polémique, Patrick Achi cultive une image d’homme de dialogue dans un environnement politique souvent clivant. Au sein du RHDP comme face à l’opposition, il ne suscite ni rejet massif ni hostilité marquée.

C’est sans doute cette capacité à rassembler, alliée à une connaissance fine des rouages de l’État, qui a convaincu la majorité présidentielle de lui confier les rênes de l’Assemblée nationale.

Avec Jérôme Patrick Achi au perchoir, la nouvelle législature s’ouvre sous le signe de l’expérience, de la stabilité institutionnelle et d’un pilotage politique maîtrisé.

Eugène Tristan SAHI

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