Côte d’Ivoire

Air Côte d’Ivoire contre Air France et Corsair : qui contrôlera le ciel d’Abidjan ?

Mis à jour le 20 octobre 2025
Publié le 20/10/2025 à 2:37 , , , , ,

Air Côte d’Ivoire monte au front. Alors que sa première liaison Abidjan–Paris a décollé le 15 octobre 2025, la compagnie nationale réclame un traitement équitable sur le marché long-courrier.Mais Air France et Corsair refusent de céder leur part. Résultat : leurs programmes de vols pour la saison d’hiver restent bloqués par Abidjan.

 

Depuis 1940, Air France règne sur la liaison Paris–Abidjan.

Corsair l’accompagne depuis 2013.

Ensemble, elles captent près de 75 % du marché long-courrier, laissant Air Côte d’Ivoire à la marge.

Laurent Loukou, directeur général, rappelle le déséquilibre : « Sur 16 millions de passagers long-courriers entre l’Afrique de l’Ouest et le reste du monde, seulement 1 % choisit une compagnie locale. 82 % voyagent sur des compagnies européennes. »

La revanche d’Air Côte d’Ivoire

Créée en 2012, la compagnie nationale aurait dû ouvrir Abidjan–Paris dès sa naissance.

Mais la résistance des compagnies européennes a retardé ce rêve de treize ans.

Aujourd’hui, avec un Airbus A330 Neo et un second appareil attendu en novembre, Air Côte d’Ivoire veut inverser la tendance.

Ainsi, cette initiative permettrait d’obtenir sa juste part et développer le marché local.

Réciprocité exigée

Pour le président du conseil d’administration, Abdoulaye Coulibaly, la règle est simple : « Si on met deux avions pour la France, on en met deux pour la Côte d’Ivoire. »

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Mais Air France et Corsair refusent de réduire leurs fréquences.

Les vols français restent trop nombreux : deux par jour pour Air France, un pour Corsair.

Vols bloqués, négociations en cours

La Direction de l’Aviation Civile ivoirienne n’a toujours pas validé les programmes d’hiver des compagnies françaises.

Air Côte d’Ivoire, elle, a obtenu son autorisation dès le 6 octobre.

Abidjan reste ferme : réparer une injustice vieille de plusieurs décennies et permettre à sa compagnie nationale de capter sa part du marché.

Un enjeu économique et stratégique

Le blocage n’est pas qu’un conflit commercial. Il s’agit de protéger l’économie locale et l’emploi.

L’enjeu est immense : selon l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA), le trafic aérien africain pourrait doubler d’ici 2043, passant de 160 à 345 millions de passagers.

Air Côte d’Ivoire se positionne donc comme l’acteur incontournable pour rééquilibrer le ciel ivoirien.

Eirena Etté

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