Côte d’Ivoire

Présidentielle 2025, Ahoua Don Mello trace sa voie sans le PPA-CI

Mis à jour le 1 août 2025
Publié le 01/08/2025 à 2:39 , ,

Ahoua Don Mello était l’invité du confrère Life TV, jeudi 31 juillet 2025. À ce rendez-vous, le collaborateur de Laurent Gbagbo a réaffirmé sa candidature. Il en a précisé aussi les raisons et levé un coin du voile sur ses ambitions pour la Côte d’Ivoire.

 

Il s’agit d’une “candidature de précaution”, précise d’entrée Ahoua Don Mello. Et ce dans un contexte où son mentor politique Laurent Gbagbo demeure inéligible.

Mais c’est une candidature en indépendant, “parce que le parti ne me soutient pas”, précise-t-il.

“Je veux incarner une alternative. Un espoir pour tous les citoyens ivoiriens qui refusent la politique de la chaise vide”, poursuit le candidat déclaré.

Entre fidélité et rupture avec Gbagbo

Ahoua Don Mello n’a pas manqué de rappeler son engagement de longue date auprès de Laurent Gbagbo.

Toutefois, face à l’impasse politique avec l’exclusion de ce dernier de la liste électorale, il dit vouloir prendre ses responsabilités.

“Même à l’intérieur du PPA-CI, il y a des gens qui refusent la politique de la chaise vide.

Et ceux-là sont prêts à m’accompagner dans mon cheminement vers la victoire des souverainistes”, rassure-t-il.

Sans renier son appartenance idéologique à la gauche souverainiste, il prend ses distances avec la stratégie actuelle de son parti.

“Je suis déterminé à ce qu’on relève le défi de la bataille pour la souveraineté. Et cela suppose qu’on soit sur le terrain, pas en retrait”, insiste l’invité du confrère.

Une vision multipolaire, entre BRICS et AES

Interrogé sur sa vision géopolitique, Ahoua Don Mello tient un discours panafricaniste assumé, tourné vers le Sud global.

“Nous vivons dans un monde multipolaire où tout le monde a l’avantage de coopérer avec tout le monde.

Nous devons libérer la Côte d’Ivoire du joug d’un système néocolonial pour travailler avec les BRICS, les pays émergents, et construire notre propre souveraineté économique”, ajoute-t-il.

Non sans évoquer la Russie ou la Chine, ses références à une coopération alternative à l’Occident sont claires.

Quant à l’Alliance des États du Sahel (AES), il se dit solidaire du combat pour la souveraineté. Toutefois, il ne valide pas pour autant une rupture brutale avec les partenaires traditionnels.

“Ceux qui se battent pour les mondes multipolaires sont nos alliés objectifs. Mais chaque pays a sa voie propre”, explique Ahoua Don Mello.

Collaborer avec les autres partis de l’opposition

Ahoua Don Mello n’exclut pas l’idée d’un rassemblement des forces souverainistes. Il dit être ouvert à discuter avec les autres partis de l’opposition.

“Je ne suis pas seul. Ce sera toute une équipe de gauche, des leaders de gauche, qui ensemble vont constituer une équipe. Parce qu’il n’y a qu’une équipe qui gagne”, révèle-t-il.

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Un projet de société centré sur la souveraineté

S’il n’a pas encore décliné l’ensemble de son programme, le candidat déclaré insiste sur des mots-clés. À savoir souveraineté, coopération, équipe, espoir.

“J’ai la capacité, les moyens, la vision et la stature pour conduire les Ivoiriens vers la victoire. Et je ne le ferai pas seul”, dit-il.

Sur le plan économique, il plaide pour une sortie progressive de la dépendance aux importations.

Ahoua Don Mello vise une industrialisation locale, et l’émancipation monétaire, sans prononcer directement le mot “sortie du FCFA”.

Identité ivoirienne assumée

Face aux insinuations récurrentes dans le débat politique sur les origines des candidats, Ahoua Don Mello reste ferme.

“Mon père est Agni de Bongouanou, ma mère est Baoulé de Bouaké. Je n’ai jamais changé de nationalité malgré toutes les propositions. Je reste Ivoirien et fier de l’être”, coupe-t-il court.

Tristan Sahi

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