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Manifestations au Togo, 7 morts et des tensions persistantes après une réforme contestée

Mis à jour le 1 juillet 2025
Publié le 01/07/2025 à 4:12 ,

Sept morts, des dizaines de blessés, des centaines d’interpellations. Le Togo vient de vivre plusieurs jours de violences après des manifestations interdites le 26 et le 29 juin 2025. 

À Lomé, mais aussi dans d’autres villes du pays, des centaines de personnes étaient dans les rues.

Elles dénonçaient la vie chère, l’arrestation d’opposants, et surtout une réforme constitutionnelle vivement critiquée.

Au cœur de la contestation, le nouveau régime parlementaire adopté en mai.

Un changement de système qui permet à Faure Gnassingbé de rester à la tête de l’exécutif en tant que président du Conseil des ministres, sans limitation de mandats.

Manifestations interdites, colère maintenue

Malgré l’interdiction, les protestataires étaient dans les rues. À certains endroits, il y avait des barricades dressées, des axes bloqués. La riposte a été rapide.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, des interpellations. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des interventions parfois brutales.

Des témoins parlent de poursuites dans les quartiers et d’arrestations musclées.

 

Sept morts, des circonstances encore floues

Le bilan humain s’est alourdi au fil des jours. Au moins sept décès ont été recensés, selon des organisations de la société civile.

Parmi eux, deux corps ont été retrouvés à Lomé, dans un lac et une lagune. Les autorités reconnaissent ces découvertes dans un communiqué officiel.

Elles affirment que les autopsies évoquent des cas de noyade, sans lien direct avec la répression.Une version aussitôt contestée par des ONG, qui parlent de morts liées aux affrontements.

Certains témoignages évoquent des victimes abattues, ou pourchassées, parfois jusque dans des domiciles. Le mouvement ‘’Touche pas à ma Constitution’’ rapporte le cas d’un jeune homme de 25 ans, qui aurait été tué par balle alors qu’il dînait en famille près d’une lagune.

Ces éléments restent à ce jour non confirmés par une enquête indépendante.

Amnesty International avait déjà alerté, quelques jours avant les manifestations au Togo, sur des cas de torture signalés lors d’arrestations précédentes.

L’organisation demande aujourd’hui une enquête impartiale sur les violences du week-end.

Des hommes en civil au cœur des accusations

Plusieurs manifestants affirment avoir été agressés par des individus en civil, ne parlant pas français.

Des ONG évoquent la présence de miliciens, possiblement étrangers.

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Le gouvernement dément ces accusations, mais affirme que certains manifestants interpellés seraient eux-mêmes des étrangers, sans apporter de preuves.

 

Un climat tendu avant les municipales

Alors que la campagne pour les élections municipales doit débuter ce mercredi 2 juillet 2025, l’inquiétude grandit.Plusieurs voix craignent de nouveaux débordements.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la désobéissance civile se multiplient.

Le pouvoir, lui, parle d’une campagne de désinformation orchestrée depuis l’étranger.Dans un contexte marqué par la défiance, les tensions restent vives.

L’opposition maintient la pression, et les regards se tournent désormais vers les jours à venir.

 

Eirena Etté 

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