International

Trump joue l’accalmie face à la menace iranienne

Mis à jour le 9 janvier 2020
Publié le 09/01/2020 à 10:17 , , ,




Ce mercredi 8 décembre, le président américain Donald Trump s’est exprimé en direct de la Maison Blanche suite à l’offensive iranienne survenue dans la nuit du 7 décembre en Irak pour venger la mort du Général Soleimani. À la surprise générale, le président américain a joué la carte de l’apaisement, ôtant ainsi à l’Iran la possibilité d’un durcissement de position.

Dans la nuit du 7 janvier, une douzaine de missiles iraniens, en représailles de l’assassinat du général Qassem Soleimani, ont frappé deux bases militaires américaines en Irak. Dans son allocution donnée ce mercredi, le président Donald Trump, entouré de la haute hiérarchie militaire US a joué l’apaisement au grand soulagement de la communauté internationale qui appelait à la désescalade. La communication a été finement orchestrée. Le dirigeant américain a été bref mais ferme. Il a entamé la conférence de presse en dressant un bilan des dégâts réels de l’offensive Iranienne. « Aucune vie américaine n’a été prise par les frappes iraniennes en Irak », a-t-il soutenu, précisant que les dégâts matériels des frappes iraniennes étaient moindres. Le dirigeant américain s’est ensuite félicité d’avoir éliminé le général Soleimani qu’il a qualifié de « mécène du terrorisme (…) responsable des pires atrocités ».

D’un ton résolu et déterminé, Donald Trump a poursuivi en annonçant l’imposition immédiate de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran, qui ne seraient levées que si la République islamique d’Iran changeait « d’attitude », et a appelé l’Europe à quitter l’accord nucléaire de Vienne signé en 2015 pour contrôler le programme nucléaire iranien et faire lever les sanctions économiques imposées de façon unilatérale à l’Iran.

Difficile de ne pas sentir un décalage entre les déclarations et le désir de riposte du leader américain qui s’est affiché en vainqueur « Tant que je serai président des Etats-Unis, l’Iran ne sera jamais autorisé à avoir l’arme nucléaire » ; mais Donald Trump a surpris en dégainant la carte de la sagesse, tel un patriarche.

« Les Etats-Unis sont prêts à faire la paix avec ceux qui veulent la paix » a-t’il déclaré avant d’inviter la République islamique à le rejoindre dans la lutte contre leur ennemi commun, l’État Islamique, « pour un monde plus sûr et pacifique ».

Aussi, le leader américain a-t-il appelé l’OTAN, à « s’impliquer davantage » au Moyen-Orient. « Je demande à l’OTAN de s’impliquer davantage dans la situation du Moyen-Orient », a recommandé Trump, ce à quoi l’organisation a répondu par l’affirmative.

Selon certains experts, les représailles de l’Iran ont été mesurées. Si Téhéran souhaitait véritablement atteindre Washington, elle aurait pu attaquer les bases militaires américaines situées au Qatar. Donald Trump a joué l’accalmie en réponse à cette « gifle en pleine face », selon l’Ayatollah Ali Khamenei. Reste à savoir si cela suffira à rétablir le dialogue entre les deux Etats connaissant la méfiance qui règne entre eux, et le manque de finesse de Donald Trump en matière de diplomatie. D’ailleurs, les autorités de l’aviation civile iranienne refusent de remettre les deux boîtes noires du boeing 737 d’une compagnie ukrainienne, aux analystes américains. Tous les moyens sont bons pour se mesurer et se peser.

Manuela Pokossy

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