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RDC – Rwanda : un accord de paix signé à Washington sous médiation américaine

Mis à jour le 30 juin 2025
Publié le 30/06/2025 à 3:00 , , , , , , ,

C’est une annonce majeure dans un dossier miné par des décennies de tension. Le vendredi 27 juin 2025, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont signé un accord de paix à Washington, sous l’égide des États-Unis. 

 

 

Le texte vise à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC, une région secouée par des violences depuis plus de 30 ans.

Un texte pour tourner la page

L’accord s’inspire d’une déclaration de principes datant d’avril. Il porte sur le respect de l’intégrité territoriale, l’arrêt des hostilités.

Il engage également les signataires à cesser tout soutien aux groupes armés, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les milices affiliées.

Ce sont les ministres des Affaires étrangères des deux pays qui l’ont signé.

Il s’agit de Thérèse Kayikwamba Wagner pour la RDC et Olivier Nduhungirehe pour le Rwanda, sous les regards du secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Le président Donald Trump, qui s’est attribué les mérites de cette avancée, n’a pas caché sa satisfaction.

« Ce merveilleux traité vaut bien un prix Nobel de la paix », a-t-il commenté sur X.

 

Une région marquée par les tensions

L’offensive du groupe armé M23 à partir de fin 2021 a ravivé le conflit entre les deux pays.

Selon plusieurs sources, ce groupe rebelle, actif dans les Kivus, agirait avec le soutien de l’armée rwandaise. Une accusation que Kigali a toujours niée.

Le président congolais Félix Tshisekedi a salué « un accord qui ouvre la voie à une nouvelle ère de stabilité, de coopération et de prospérité ».

Il l’a affirmé ce lundi 30 juin 2025, dans un message vidéo diffusé à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance de la RDC.

Une paix encore fragile

Si l’ONU, l’Union africaine, la France et le Qatar ont salué cette signature, plusieurs observateurs appellent à la prudence.

« Les hostilités peuvent reprendre à tout moment », prévient Pierre Boisselet, directeur du pilier violence à l’Institut congolais Ebuteli.

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Selon lui, malgré l’accalmie, le M23 reste puissant, structuré et solidement implanté.

Le groupe rebelle n’a d’ailleurs pas pris part à l’accord.

Les autorités congolaises et l’AFC-M23 examinent son cas dans un second processus en cours à Doha.

Des étapes à suivre

La RDC et le Rwanda mettront en place un mécanisme conjoint de coordination dès juillet 2025.

L’Union africaine, les États-Unis et le Qatar appuient ce mécanisme à travers un comité de surveillance.

Les parties tiendront une première réunion au plus tard le 11 août 2025.

Sur le terrain, les parties s’engagent à neutraliser les FDLR en trois mois, après une phase d’analyse de quinze jours.

Le retrait des dispositifs militaires rwandais est également attendu.

Une opération conjointe FARDC–RDF (les armées congolaise et rwandaise) n’est pas exclue.

Enfin, sur le plan économique, un cadre d’intégration régionale doit être lancé avant fin septembre.

L’objectif est de renforcer les échanges commerciaux et la gestion commune des ressources.

 

Eirena Etté 

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