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Immigration clandestine : plus de 3 000 morts en mer en 2025, les routes migratoires deviennent plus meurtrières

Mis à jour le 30 décembre 2025
Publié le 30/12/2025 à 11:26 , , , , ,

La Méditerranée et l’Atlantique continuent de tuer. En 2025, plus de 3 000 migrants sont morts ou portés disparus en mer, selon un rapport de l’ONG espagnole Caminando Frontera. Voici le bien de l’immigration clandestine.

Un chiffre lourd, qui révèle une réalité brutale, traverser est devenu plus rare, mais beaucoup plus dangereux.

Moins de traversées, plus de victimes

Le constat est sans appel. Les tentatives de passage ont reculé, mais les naufrages augmentent.

Pour l’ONG, ce paradoxe s’explique par une chose, le durcissement des politiques migratoires. Les contrôles se multiplient.

Les secours, eux, arrivent trop tard. Parfois, ils n’arrivent pas du tout.

Les dispositifs de recherche et de sauvetage restent étroitement liés aux stratégies de contrôle des frontières. Résultat, des vies perdues qui auraient pu être sauvées.

L’Afrique, au cœur des routes à risque

Sur les 30 pays concernés par les flux migratoires, 24 sont africains. Les routes évoluent, mais le danger augmente.

Les départs ne se limitent plus à la Méditerranée. L’Atlantique est désormais une voie majeure, et redoutable.

En 2025, environ 2 000 morts ou disparus ont été recensés le long des côtes atlantiques africaines.

Sénégal, Mauritanie, Gambie : ces pays coopèrent davantage avec l’Union européenne. Mais l’ONG dénonce une autre réalité sur le terrain.

Répression, violences et expulsions

Selon le rapport, les politiques de fermeté ont un coût humain élevé. Des migrants sont arrêtés arbitrairement.

Certains sont expulsés vers des zones désertiques, notamment au Mali ou au Niger. D’autres subissent des violences graves, y compris sexuelles.

Pour Caminando Frontera, la priorité donnée à l’interception l’emporte trop souvent sur la protection des vies humaines.

Des trajets toujours plus longs et dangereux

Les routes s’allongent. Depuis la Guinée, certains migrants parcourent plus de 2 000 kilomètres en mer, à bord d’embarcations précaires.

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La Méditerranée centrale reste, elle aussi, un axe critique, avec une forte présence de migrants algériens, maliens et somaliens.

Chaque trajet devient un pari. Chaque vague, un risque.

De plus en plus de mineurs en mer

Autre signal alarmant. Celui de la hausse du nombre de mineurs marocains tentant la traversée, parfois à la nage. Un phénomène en nette progression cette année, selon l’ONG.

En parallèle, le nombre total de migrants a pourtant chuté de moitié.

Une baisse que l’organisation attribue aux politiques de déportation américaines et à une répression migratoire désormais mondialisée.

Une alerte ignorée

Le message est clair. La fermeture des frontières ne met pas fin aux migrations. Elle les rend plus mortelles.

Pour l’ONG, les États continuent de contourner les conventions internationales, au détriment du droit à la vie.

En 2025, la mer reste une frontière. Et pour des milliers de personnes, une tombe.

Eirena Etté

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