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Fin d’année, nouvelle année, entre des doutes et un fin espoir / Adam’s Régis SOUAGA

Mis à jour le 31 décembre 2018
Publié le 31/12/2018 à 10:28 ,
Aujourd’hui, c’est le 31 décembre. L’esprit des uns et des autres est à la fête. Pour quelques heures, les ivoiriens vont noyer leurs inquiétudes liées au climat créé par les politiciens dans la grande bouffe, la danse et les éternels vœux. Des vœux souvent hypocrites.
 
Parmi les résolutions qui seront entendues, figure en bonne place la paix, dont l’effritement par le dysfonctionnement du RHDP, la coalition arrivée au pouvoir en 2011 après l’arrestation de Laurent Gbagbo, fait croire à de possibles affrontements en 2020 lors de la prochaine présidentielle. Les essais et revues des troupes ont été suivis au cours des élections locales d’octobre dernier. Partisans pro-RHDP et pro-PDCI-RDA se sont pesés. Tout ce qui peut redonner espoir aux ivoiriens, passera par les vœux. Et à ce jeu, le premier des ivoiriens qui est attendu ce soir sous le coup de 20h, pour apaiser et rassurer est le Chef de l’Etat, Président de la République. Dans le traditionnel discours de fin d’année, Dr Alassane Ouattara aura la lourde tâche de rassurer ses concitoyens face aux nuages noirs qui s’amoncellent sur leurs têtes. Dans un bis repetita de « on gagne ou on gagne » de l’ex-LMP pro-Gbagbo, le RHDP annonce sans ambages sa victoire sans débat à la présidentielle de 2020. En face, pour les anti-RHDP, une victoire de la coalition au pouvoir ne serait que le résultat d’une fraude, d’une oppression, un déni de droit et de démocratie car pour ceux qui apparaissent comme les anti-Ouattara, mauvais perdants, frustrés et déçus après l’idylle, seule une défaite du RHDP serait le signe d’une bonne santé démocratique du pays. Le ton est donné. Il n’y a qu’à faire un détour sur les réseaux sociaux pour mieux appréhender le péril qui guette la Côte d’Ivoire. Tout ce qui a conduit le pays vers le gouffre abouti par la rébellion de septembre 2002, se met en place sous nos yeux sans que des voix autorisées ne s’élèvent pour crier haro. 
 
Le pays va mieux dit-on, à la grande satisfaction des bailleurs de fonds. Seulement, à l’intérieur des 322462 Km2, la grogne n’est plus feinte. Les ivoiriens qui apprécient à leur juste valeur les grands chantiers d’infrastructures ouverts et en cours de réalisation, demandent toutefois, une réduction du train de vie de l’Etat, la fin des nominations de ministres et secrétaires d’Etat en termes de récompense politique, la redistribution des fruits de la croissance. Le « ADO » de 1989-1993 n’est pas celui au pouvoir! Les voix dénoncent une corruption sans résistance, la commercialisation des concours de la Fonction publique sans répression, la pagaille installée à la Justice et surtout au ministère de la Construction et de l’Urbanisme. 
 
Le pays va-t-il mal? Pas si sûr à tous niveaux. 
Mais, ce 31 décembre, les ivoiriens attendent les assurances relatives à la paix, aux mesures sociales qui seront le clou de ce discours bilan. Ils voudraient être rassurés que tout sera mis en oeuvre pour le respect des textes que l’Etat prend. Car, l’indiscipline a été érigée en règle de fonctionnement des ivoiriens. Il urge de reprendre la main pour redonner un sens à l’espoir. Celui-ci passe aussi par l’instauration d’un dialogue politique qui apaise les cœurs en dépit des ambitions légitimes des uns et des autres. D’ailleurs, avoir de l’ambition est légitime et ne saurait être combattu et être érigé en programme politique contre un citoyen libre dans ce pays nôtre. Il revient au Peuple Ivoirien, dans sa diversité de désigner, par le suffrage universel, les hommes et les femmes qu’ils voudraient bien se doter comme dirigeants. 
 
C’est pour cela que le Président Alassane Ouattara est à encourager dans sa volonté de passer le témoin en 2020, à une nouvelle génération d’hommes et de femmes, ayant une haute idée de la République. Après la parenthèse honteuse post-Houphouët-Boigny, le pays et les ivoiriens ne pardonneront à quiconque, de les mener sur le chemin de l’abîme.Ce fin espoir, nul n’a le droit de le gâcher. Au moment où dans de nombreux pays, la jeunesse monte aux affaires, on ne saurait en Afrique et en Côte d’Ivoire, avoir peur d’elle. Il faut avoir confiance en elle, l’encadrer pour un meilleur devenir de ce pays. Bonne et heureuse année 2019!
Adam’s Régis SOUAGA
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