Politique

Empêché de sortir du pays, Me Blessy raconte ce qui s’est passé à l’aéroport

Mis à jour le 2 octobre 2025
Publié le 02/10/2025 à 12:05 , , ,

Alors qu’il était sur le point de prendre un vol pour une destination hors de la Côte d’Ivoire, Me Blessy Chrysostom du PDCI n’a pu effectuer son voyage. Que s’est-il passé à l’aéroport et pourquoi a-t-il été empêché ce mercredi 1er octobre 2025 ? Joint par 7info, le concerné explique. 

 

« On m’a dit que je ne pouvais pas voyager »

Selon l’avocat, il effectuait des déplacements réguliers en Tunisie depuis avril pour un traitement auquel il se soumet tous les 21 jours.

Ce déplacement devait être « la neuvième et la dernière fois » pour un bilan définitif, dit-il.

Mais une fois à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouët ce mercredi 1er octobre 2025, il explique qu’il a été installé dans la salle business après avoir accompli les formalités.

Il raconte qu’un agent de la sureté a pris en photo son passeport – une démarche qu’il ne comprenait pas.

« Quinze minutes plus tard, deux personnes en tenue de policier se présentent à moi », relate Me Blessy.

L’un d’eux s’est présenté comme « le commissaire Konaté ». Les policiers, poursuit-il, l’ont conduit dans un bureau, où ils l’ont informé qu’il ne pouvait pas voyager.

Et que, pour sortir du pays, il lui faudrait une autorisation du procureur.

« Je ne comprends pas », a déclaré l’élu, soulignant n’avoir fait l’objet d’aucune convocation judiciaire auparavant.

Me Blessy assure ne faire l’objet d’aucune procédure pénale.

« On ne m’a jamais convoqué ni à la police, ni au pôle pénal économique, ni au procureur », soutient-il.

Me Blessy explique en outre avoir tenté de joindre le procureur à plusieurs reprises – sans succès, et avoir mobilisé des confrères avocats pour obtenir des éclaircissements.

« Le procureur n’est pas joignable », dit-il, ajoutant que on lui a indiqué que le magistrat serait « en réunion ».

Le député de Béoumi décrit également la façon dont il a été reconduit hors de la salle d’embarquement, entouré de policiers.

« Ce qui était choquant, c’est de sortir là, que tous les autres voyageurs te regardent… un policier devant, un policier derrière », dit-il.

Finalement, révèle-t-il, c’est son épouse est venue le prendre pour retourner à son domicile.

Interrogé sur les recours, Me Blessy indique qu’il souhaite d’abord connaître précisément les motifs de l’interdiction de voyager avant d’engager toute action.

« Je ne peux avoir un recours que lorsque je connais les faits qui me sont reprochés », dit-il.

Il annonce avoir saisi l’Assemblée nationale afin qu’elle obtienne des clarifications et poursuit les démarches judiciaires avec ses avocats pour rencontrer le procureur et accéder au dossier éventuel le concernant.

Me Blessy dit souffrir d’une gêne à la jambe. Il insiste aussi sur la nécessité de poursuivre ses soins.

Il fait remarquer par ailleurs qu’à l’aéroport, les agents qui l’ont interpellé sont restés courtois et polis.

Aucun communiqué officiel des autorités judiciaires ou des services de sécurité de l’aéroport n’a, à ce stade, été rendu public pour expliquer ce qui s’est passé.

La situation reste donc en cours d’éclaircissement, les avocats de Me Blessy et l’Assemblée nationale cherchant à obtenir des informations auprès du parquet.

7info

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