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Editorial- OSER, à la vitesse du racket / Adam’s Régis SOUAGA

Mis à jour le 21 mai 2019
Publié le 15/04/2019 à 7:03 , , , ,

Les agents commis à la surveillance de la sécurité routière, avec pour service d’attache, l’office de la sécurité routière (OSER) ne devraient-ils pas faire l’objet de surveillance ? L’impression générale est qu’il faut trouver un argument pour se faire du sou. Souvent au détriment des caisses de l’Etat mais bien au profit de leurs poches.

Incapables de produire le moindre début de preuve, ils sont dans l’excitation surtout quand ils voient un véhicule qui ressemble à ceux utilisés dans le transport de personnes et de marchandises. Le clou de la vitesse condamnable, ils sont incapables de respecter les mentions portées sur la « contravention en matière de circulation routière », 3è classe, en vigueur en Côte d’Ivoire. Comme vous le voyez sur cette contravention, s’il y a 20 DONGO, qui ont le grade de MDL/C, difficile de retrouver celui qui pourrait créer un préjudice à l’Etat en cas de procès. Car, l’usager peut saisir le tribunal pour faire condamner l’Oser et donc l’Etat. Son matricule ne figure pas sur le document, la souche n°98047, une autre violation du code de la route et de la traçabilité des actes administratifs posés par un agent assermenté. Son téléphone, juste un nouveau numéro, non encore en vigueur dans notre pays, 0033.

De retour de Soubré, prévenu par les autres conducteurs comme il est de coutume, notre conducteur réduit la voilure et roule aux pas, entre 70 et 80 Km/h. Personne ne se plaint d’ailleurs, prudence étant mère de sûreté. A la même vitesse, nous passons le premier guet-apens à Elibou. Aux encablures du second péage, une troupe est aux aguets des chauffards, surtout dans les véhicules personnels. Aucun n’est stationné. Peut-être ont-ils fini d’être verbalisés. Quand l’agent siffle notre véhicule, tout le monde est surpris. Le chauffeur rit. Mdl/C Dongo informe le chauffeur qu’il faisait le rallye à 92 Km/h tel qu’il est mentionné sur la contravention. Quelle est la vitesse requise sur une autoroute ? La sanction tombe, « excès de vitesse ». Un confrère s’emporte et fait savoir à l’un des gendarmes que ce genre de pratique de racket sera dénoncé. « Allez écrire ce que vous voulez » rétorque un gaillard dont le quotient d’intelligence reste à déterminer.

Nous payons pour éviter de nous éterniser sous un soleil de plomb. 10.000 F remis, il faut faire la monnaie et là, surprise, juste 9000 F dans le carnet ! Avait-il le reste du blé en poche ? La scène se déroule au PK 44 et le renseignement de la contravention se fait à la va-vite !

Il est évident qu’aucun des agents ne peut fournir la preuve irréfutable de cet « excès de vitesse », pure invention sur ce coup. Au regard de la modicité de la somme vue, il va s’en dire que certains usagers optent pour des « arrangements » qui n’arrangent pas l’Etat. Nous avons opté pour un règlement en bonne et due forme avec reçu, pas pour un arrangement qui finirait dans l’achat d’une bouteille d’alcool une fois Yopougon atteint.

Le ministre des Transports, Amadou Koné, a annoncé un système intelligent de contrôle sur les axes routiers. D’ailleurs, à quoi cela sert-il d’envahir l’autoroute d’agents de l’Oser qui ne songent qu’à racketter les chauffeurs de véhicules de transport que les privés ? Est-ce seulement sur l’autoroute que l’on doit rouler à 50 Km/h ? De Soubré à Abidjan, des chauffeurs de gros camions, de cars, de véhicules personnels rivalisaient de vitesse, se retrouvant souvent dans des situations inconfortables sur cette route sinueuse de Gagnoa. Pour les gendarmes de la brigade routière, installés sous des paillottes, pas besoin de se fatiguer, le sifflet à la bouche n’a pas besoin de résonner. Des grappes de chauffeurs les envahissent pour payer 1000 F. Les accidents suivent aussi. Si l’objectif de réduction des accidents et donc des morts sur nos routes est louables, le racket auquel se plaisent des agents de l’Oser doit être freiné. Dr Echui Aka Désiré devrait renforcer son système de contrôle sur les agents envoyés sur l’autoroute. Leur action devrait être irréprochable et sensibilisatrice là où ils ont la manie d’énerver les usagers pour leur propension à privilégier des raccourcis et la vitesse discutable.

Adam’s Régis SOUAGA

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