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Editorial – Ainsi va la Côte d’Ivoire / Adam’s Régis SOUAGA

Mis à jour le 25 mars 2019
Publié le 25/03/2019 à 1:07 , ,

Ce lundi, la Côte d’Ivoire s’est réveillée, de bonne humeur ou pas, c’est selon.

De Bouaké, nous parviennent de bonnes informations : 84 collèges de proximité seront construits pour les enfants de la région de Gbèkè. Bien plus, la réouverture des unités industrielles qui ont fait l’histoire de Bouaké, les établissements Robert Gonfreville et l’ex-Trituraf, devraient pouvoir rouvrir. Les « discussions sont en bonne voie » selon l’annonce publique faite par Amadou Koné, ministre des Transports, fils de Bouaké. C’était à l’occasion de la forte mobilisation de la chefferie traditionnelle qui a répondu présente à l’invitation des cadres du RHDP. Avec à leur tête Nanan N’goran Koffi, ils étaient 816 au décompte final. Pourtant, que de coups de fil pour dissuader ces Sages et garants de la tradition qui ont toujours honoré et confié toutes cérémonies politiques ou d’envergure sociale, aux mânes des ancêtres. Ceux de leurs fils, issus du PDCI-RDA qui ont toujours pensé disposer de ces chefs traditionnels comme d’une ressource à leur botte, se sont lourdement trompés. Les unités téléphoniques, ils en ont usé à satiété pour un échec, car leurs pères ont bien voulu assister à une messe pour la paix, la cohésion des fils du pays et la célébration des idéaux d’Houphouët-Boigny, le père fondateur dont Kobenan Kouassi Adjoumani et Louis Habonouan Kouakou, ont invité leurs frères, à suivre les traces.

Entre temps, à Abidjan, Affi N’guessan, président en exercice du Front populaire ivoirien (FPI) revendiquait un peu de dignité et de respect pour sa personne. Parti rencontrer pour discuter un peu avec le père fondateur de ce parti, il n’a pu avoir droit à une poignée de mains de Laurent Gbagbo. Il est seulement resté à Paris avant de rentrer à Abidjan. Le visa est encore valide pour un possible remake. A son retour, mécontent, il a choisi de parler pour revendiquer plus de respect pour sa personne, lui qui a tenu le flambeau d’une part importante de ce parti, après le départ du père. Car si on peut tout lui reprocher, il est indéniable qu’il a œuvré à la survie du FPI, dans le dialogue avec le pouvoir, quand l’autre branche du FPI n’avait de politique que le boycottage.  Ses acquis ne sont pas négligeables. Il a su user du dialogue pour obtenir le dégel des comptes, la libération de militants incarcérés, le retour d’exilés du Libéria, du Ghana, du Togo et autres. Affi a fait œuvre utile quoique son parti soit toujours coupé en deux et que ses opposants internes ne lui ai jamais pardonné le bras de fer engagé avec eux. Là où était prôné la défiance et la politique de chaise vide, il a plaidé pour le bon ton et le dialogue. Etait-ce un crime ? Apparemment dans l’esprit de certains de ses camarades oui. Se sentant honni, trahi, il s’est défoulé avec pour conséquence, la démission de son SG, Agnès Monnet, Maire de la commune d’Agou.

En attendant, l’école a repris mais on entend çà et là que cette trêve vise de façon stratégique à « obtenir un peu », puis relancer ensuite la grève de plus belle, avec une possible rétention des notes des élèves et écoliers. Erreur de « gawa » car chaque parent ira chercher les notes des évaluations de son enfant ! Nos enfants ne sauraient servir de levain à une grève dont la légitimité serait sujette à caution. On espère que ces pères et mères de familles, qui ont choisi pour sacerdoce la formation des enfants, après en avoir été bénéficiaires de par le sacrifice de leurs devanciers, seront bien inspirés. Entre temps, on réfléchit aux loyers des logements-maîtres construits dans nos villages par les mutuelles. Chacun doit gagner un peu dans la revendication. « Paquinou » sera bientôt le moment propice pour pousser la réflexion. Durant ce week end des 20 au 22 avril, point de FPI, PDCI-RDA, RHDP ou quoi d’autres mais des frères et sœurs, unis dans la vision commune du développement de leurs localités. C’est ce que l’on attend de tous et non des discours vindicatifs, sans étoffe intellectuelle. On ne saurait toujours et continuellement prendre les Ivoiriens pour des marionnettes sans intelligence.

Adam’s Régis SOUAGA

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