Culture

Des intellectuels africains échangent sur l’Afrique de la colonisation à aujourd’hui

Mis à jour le 29 janvier 2021
Publié le 29/01/2021 à 5:44 ,

« Indépendances, décolonisations, identités » est la thématique autour de laquelle s’est tenue la 6ème édition internationale de « La nuit des Idées ». C’était en début de soirée du jeudi 28 janvier au Musée des cultures contemporaines Adama Toungara (MuCAT) dans la commune d’Abobo à Abidjan en présence de Jean Christophe Belliard, l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire.   

C’est une initiative de l’Institut français, et elle consiste à célébrer la circulation des idées entre les pays, les cultures, les thèmes et les générations. Chaque année, la Nuit des Idées est une invitation à découvrir l’actualité des savoirs, à faire avancer les idées dans tous les domaines, à échanger sur les grands enjeux de notre temps. Pour cette 6ème édition, c’est le Musée des cultures contemporaines Adama Toungara (MuCAT) dans la commune d’Abobo à Abidjan, qui a servi de cadre. « L’autre », est le thème autour duquel les échanges ont eu lieu, mais avec des sujets spécifiques comme la colonisation, l’indépendance et l’identité.

A ce programme qui s’est tenu en partie par visioconférence, de nombreux intervenants de divers horizons ont pris part. Ce sont Maboula Soumahoro (Maître de conférences à l’université de Tours, en France) et le chanteur, auteur-compositeur camerounais Blick BASSY qui ont fait une intervention en direct depuis Paris), Professeur Yacouba Konaté, Roukiatou HAMPATÉ BA la présidente de la Fondation HAMPATÉ BA, l’auteur camerounais Binda NGAZOLO. Le public a eu aussi droit à des prestations d’artistes dont l’humoriste Adama DAHICO et du Collectif Au Nom du Slam qui est une association culturelle et socio-professionnelle de Slameurs de Côte d’Ivoire.

Abordant la question des indépendances, le Professeur Yacouba Konaté est revenu sur l’avis d’un écrivain ivoirien, Ahmadou Kourouma. Il « m’a dit qu’avant les indépendances, les intellectuels qu’ils étaient, pensaient que tous les problèmes de l’Afrique seraient résolus. Et qu’il n’y aurait plus de voleurs par exemple dans les quartiers, il n’y aurait plus de détournement de fonds, et que justice serait pour tout le monde. C’est pour vous dire que les aspirations des indépendances n’étaient pas juste soutenues par des projets politiques. Mais elles étaient essentiellement soutenues par des besoins de justice et d’équité. Il est intéressant de remarquer que cette demande de liberté s’est étiolée et cela a produit une grosse désillusion », analyse-t-il.

Pour l’intervenant toutefois, les indépendances ont été une période de grandes exaltations, une période de développement, de plein emploi. « Aujourd’hui vous trouvez des docteurs qui n’ont pas d’emploi, mais il faut savoir que jusqu’aux années 1970, quand on avait un certificat d’étude primaire, on pouvait avoir un emploi. On pouvait être gendarme, policier ou instituteur », a soutenu le Professeur Yacouba Konaté.

Maboula Soumahoro, Maître de conférences à l’université de Tours, en France, qui intervenait par visioconférence, a quant à elle insisté sur le fait qu’on ne peut parler des indépendances sans évoquer la colonisation qui a conduit à la naissance de nouvelles identités. Elle a entre autres pris pour exemple son nom. Selon elle, et en se référant au système traditionnel, pour se présenter, l’on cite d’abord le patronyme, puis le prénom. Mais aujourd’hui c’est tout le contraire.

« Le regard que j’aurai à porter sur cette thématique à savoir Indépendances, décolonisations, identités, sera celui de la fille d’un colonisé, et même de quelqu’un qui a vu la période avant la colonisation bien qu’ayant été conçu après les indépendances », a précisé pour sa part Roukiatou HAMPATÉ BA la présidente de la Fondation HAMPATÉ BA. Selon elle, si la colonisation a été d’une violence psychologique, physique, a laissé un héritage : la langue française qui permet à l’assistance de cette rencontre de pouvoir échanger.

Rama Camara (Stagiaire)

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